« Investir dans la diversité est rentable », déclare l’Ordre des Psychologues Portugais (OPP) dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée internationale du travail, célébrée aujourd’hui.
Le psychologue et membre de la direction de l’OPP, Tiago Pimentel, a souligné à Lusa que les personnes neurodivergentes peuvent améliorer la productivité d’une entreprise, en illustrant son propos par un exemple de salarié souffrant de trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité.
Il a précisé qu’un travailleur hyperactif pourrait « avoir un raisonnement mathématique supérieur ou une mémoire plus agile » et être capable d’apporter « un niveau de compétence et de productivité bien plus élevé dans l’accomplissement des tâches » nécessitant ces aptitudes.
Selon l’OPP, les organisations affichant une plus grande diversité socioculturelle ont 39% de chances supplémentaires de réaliser des gains économiques par rapport aux institutions moins inclusives.
L’Ordre a également noté que les organisations plus inclusives parviennent à réduire la perte de talents d’environ 50% en comparaison avec les entreprises moins diversifiées.
Le communiqué a aussi mis en lumière les inégalités d’accès à l’emploi pour les personnes neurodivergentes.
« Les statistiques européennes indiquent que moins de 29% des personnes autistes sont employées, comparativement à 48,1% des personnes handicapées et à 73,9% de la population générale », a souligné l’Ordre.
Le psychologue a plaidé pour l’inclusion de toutes les différences dans les entreprises, évoquant non seulement les personnes neurodivergentes mais aussi celles vivant avec un handicap, appartenant à des minorités ethniques ou culturelles.
« Il doit y avoir un accès égal aux opportunités d’emploi », a déclaré Tiago Pimentel.
En 2021, au Portugal, la différence de taux d’employabilité entre les personnes avec et sans handicap était de 16,2%, tandis que « le taux de chômage de la population migrante (11,9%) était presque le double par rapport à celui de la population portugaise » (6,6%), selon l’OPP.
D’après la Commission Européenne, 52% des personnes handicapées se sentent discriminées, a rapporté l’OPP.
Le psychologue a averti qu’il est encore nécessaire « d’investir beaucoup dans l’adaptation des conditions de travail pour les personnes ayant une condition neurodivergente ».
L’Ordre des Psychologues a également formulé des « recommandations stratégiques » aux entreprises pour promouvoir la compréhension et la connaissance des différentes caractéristiques associées aux personnes handicapées, neurodivergentes ou appartenant à d’autres cultures.
« Par exemple, une personne qui a besoin d’un environnement exempt de bruit pour pouvoir se concentrer doit se trouver dans un espace où il n’y a pas de bruit », a-t-il illustré, soulignant qu’un travail sans conditions adaptées perd le potentiel de l’employé.
Le psychologue a également souligné que « la personne ne se sentira pas bien intégrée dans son milieu de travail », signalant que l’employé peut avoir un niveau de compétence particulièrement pointu dans un aspect qui pourrait être très important pour l’entreprise.
La flexibilité dans l’organisation du travail est une autre recommandation de l’OPP. Cela signifie comprendre que les différents travailleurs ont besoin d’horaires variés, en raison de leurs périodes spécifiques de plus grande productivité, de leur manière de s’organiser face aux tâches et aux délais, ou de leurs rendez-vous médicaux réguliers.
La promotion d’un climat organisationnel inclusif, par la collaboration, le respect et la valorisation des différences, « sont les bases d’un lieu de travail inclusif », selon l’OPP.
Pour l’Ordre, il est important que les leaders soient formés pour reconnaître les différences, faciliter la sécurité psychologique et être des exemples de comportements respectueux de la diversité.