Les aides à la restauration sont positives, mais « ne résolvent pas les problèmes ».

Les aides à la restauration sont positives, mais "ne résolvent pas les problèmes".

« Ces mesures représentent une réponse rapide à une situation d’urgence, sont positives et nécessaires, et montrent que le gouvernement reconnaît que le secteur traverse des difficultés réelles et prolongées. En ce sens, elles sont bienvenues et méritent la reconnaissance de la part des entrepreneurs de la restauration, mais elles ne résolvent en rien le problème principal de la restauration et ne s’appliquent pas à tous », indique un communiqué publié aujourd’hui.

Le ministre de l’Économie et de la Cohésion Territoriale a annoncé aujourd’hui que l’organisme Tourisme du Portugal soutiendra les entreprises du secteur touristique, y compris la restauration, en facilitant le remboursement de la dette bancaire et en prolongeant les délais de retour des fonds.

Interpellé lors de la conférence « 10 ans de Conversation Capital » à Lisbonne sur une potentielle crise dans le secteur, Manuel Castro Almeida a souligné que la restauration est « très importante » et « emploie beaucoup de monde ». « C’est un élément intégrateur de la promotion touristique et essentiel », a-t-il déclaré, ajoutant que beaucoup d’entreprises de restauration continuent de payer les conséquences de la pandémie.

Bien que conscient que ces mesures permettront de « soulager immédiatement la pression financière que ressentent encore de nombreuses entreprises de restauration, notamment concernant les dettes issues de la période pandémique », la PRO.VAR estime qu’elles sont « de nature palliative » et « ne résolvent pas les problèmes structurels qui continuent de fragiliser profondément la restauration au Portugal ».

« Le Portugal vit aujourd’hui un paradoxe économique qu’il est important de corriger : pendant que le tourisme connaît l’une des meilleures années de son histoire, avec une contribution estimée à 17,3% du Produit Intérieur Brut — environ 30 milliards d’euros -, la restauration traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente », soutient la déclaration.

Pour l’association, ce paradoxe est « d’autant plus préoccupant qu’il s’agit d’un secteur qui est l’un des principaux moteurs du succès touristique, avec un impact direct et transversal sur toute la chaîne de valeur économique, du secteur primaire à l’économie locale, régionale et nationale ».

Ainsi, la PRO.VAR garantit que « la majorité des restaurants portugais » est actuellement en « mode de survie », sous pression en raison des augmentations très significatives des coûts des matières premières, d’une forte pression salariale dans une activité intensive en main-d’œuvre, d’une charge fiscale et parafiscale élevée, de difficultés persistantes à retenir et rémunérer les travailleurs qualifiés, et des dettes accumulées pendant la pandémie de COVID-19.

Dans ce contexte, l’association accorde « une importance particulière » à la réunion prévue jeudi avec le gouvernement, qui sera « une occasion décisive pour exposer, de manière claire et fondée, la situation du secteur et la nécessité de passer à des mesures structurelles, durables et génératrices d’équité fiscale ».

À cet effet, la PRO.VAR présentera à l’exécutif cinq « propositions structurelles » visant à « assurer la viabilité économique de la restauration, à protéger l’emploi et à renforcer la durabilité des recettes fiscales de l’État ».

Une des mesures, considérée comme « centrale », est la réduction de la TVA sur la restauration de 13 % à 6 % sur les repas, pour « sortir le secteur du mode de survie, mieux payer les travailleurs et stabiliser les prix pour le consommateur ».

À ce sujet, l’association rappelle que le Portugal est en concurrence directe avec des pays comme l’Espagne, la France et l’Italie, où la TVA sur la restauration est « significativement plus basse », et que « même des pays qui ne dépendent pas structurellement du tourisme, comme l’Allemagne, ont choisi de réduire la TVA sur la restauration comme moyen de protéger les entreprises, de maintenir l’emploi et de renforcer la compétitivité ».

La deuxième proposition concerne la création d’une taxe unique pour la restauration traditionnelle, qui garantirait l’équité entre les opérateurs, lutterait contre la concurrence déloyale et l’informalité, protégerait les petites et moyennes entreprises, tout en assurant des recettes prévisibles pour l’État.

Simultanément, la PRO.VAR plaide pour des ajustements dans le Tarif Social Unique (TSU), propose l’exemption de cette taxe sur les montants supérieurs à ceux des barèmes salariaux des conventions collectives de travail, réclame la création d’un modèle de ‘chômage technique’ adapté à la saisonnalité hebdomadaire et mensuelle du secteur et souhaite la création de mécanismes pour « clôturer le dossier » des dettes COVID, « libérant les entreprises viables de la dette historique ».