Conformément à l’arrêt rendu mardi et dont l’agence Lusa a eu aujourd’hui accès, l’accusé, âgé de 44 ans et résidant dans le sud du district de Leiria, a également été condamné à verser un total de 65 195 euros aux victimes, pour préjudices patrimoniaux et non patrimoniaux.
L’homme, soumis à une assignation à résidence, était accusé de 1 059 crimes d’abus sexuel sur mineurs, ayant été acquitté de 564 charges.
Dans le cas de l’une des mineures, filleule de l’accusé, née en 2002, les abus ont commencé alors qu’elle avait quatre ans et se sont poursuivis jusqu’en 2014, à l’intérieur de la résidence, dans le garage, dans la voiture et dans un entrepôt appartenant à l’accusé.
Dans un autre cas, la victime, née en 2007, était la fille d’une amie de l’accusé et amie des enfants de celui-ci, fréquentant régulièrement son domicile. Le tribunal a jugé prouvés les abus commis entre 2014 et 2015, au domicile de l’accusé.
Concernant la troisième victime, née en 2010 et fille d’une amie de l’épouse de l’accusé, les crimes ont eu lieu en 2018 ou 2019, lors d’un week-end où la mineure a passé la nuit chez l’accusé.
« L’accusé a agi dans le but de satisfaire ses désirs lubriques, qu’il n’a su ni voulu réfréner, se servant pour cela » des enfants, sachant que, « à ces dates respectives, celles-ci étaient mineures de 14 ans », lit-on dans l’arrêt.
Par ailleurs, le tribunal a estimé que l’homme « a agi sans se soucier des âges de celles-ci ni des conséquences de son comportement sur elles, profitant de la proximité et de la confiance, ainsi que du contact facile ».
Le collectif de juges a également soutenu que l’accusé savait qu’il « perturbait et nuisait sérieusement au développement de la personnalité » des victimes, qu' »il offensait leurs sentiments d’enfant, compromettant leur sentiment de honte et de pudeur sexuelle, et qu’il mettait en péril leur développement psychologique, affectif et sexuel normal et sain ».
Selon le tribunal, l’homme « a porté atteinte aux sentiments de confiance et de protection que les mineures plaçaient en lui », notant que celles-ci, « en raison de leur âge, étaient incapables d’opposer une quelconque résistance et de comprendre la nature et le sens des actes sexuels dont elles ont été victimes ».
Pour convaincre le tribunal, les « déclarations absolument décisives et déterminantes » faites par la filleule de l’accusé lors du procès ont été essentielles. Elle a livré un « récit clair, circonstancié et décomplexé des faits dont elle a été l’objet de la part de l’accusé, dès son très jeune âge », tout comme « les déclarations pour mémoire future » des deux autres victimes ont également été cruciales.
Quant à l’accusé, il a nié la majorité des faits, « avouant seulement la pratique, à trois occasions distinctes », de relations sexuelles avec la filleule lorsqu’elle avait 12 ans.
« Cependant, il est manifeste, au vu des déclarations impactantes, circonstanciées et détaillées » de celle-ci, que les faits admis par l’accusé « ne représentent que la partie immergée d’un vaste iceberg, remontant aux quatre ans de la victime ».
Pour déterminer la peine, le tribunal a pris en compte la très grande illicéité des comportements de l’accusé, particulièrement envers la filleule, ainsi que « la censure sociale élevée que les faits méritent », ainsi que « la dangerosité élevée de l’agent de récidiver, compte tenu du manque de résonance éthique et morale manifestée, et de la pluralité des victimes ».
« Il est encore à considérer les raisons élevées de prévention générale, puisque les crimes d’abus sexuel sur enfants sont parmi ceux qui provoquent le plus d’alarme et d’inquiétude dans le tissu social, suscitant répulsion et indignation dans la communauté », ont observé les magistrats judiciaires, notant qu’en faveur de l’accusé, il est pris en compte une « bonne intégration professionnelle, familiale et sociale, et l’absence de casier judiciaire ».