La décision, qui a été signalée dans la région, a été confirmée aujourd’hui à l’agence Lusa par le président de la Comarca da Madeira, précisant que l’extinction des mesures de contrainte a été décidée en raison du dépassement du délai pour le dépôt de l’accusation.
Le 17 septembre 2024, huit personnes ont été arrêtées à Madère, notamment le président de la Chambre municipale de Calheta et de l’Association des municipalités de Madère, Carlos Teles, l’ancien secrétaire de l’Agriculture et des Pêches Humberto Vasconcelos, le président de l’Institut de l’administration de la santé de Madère, Bruno Freitas, les entrepreneurs Humberto Drumond et Miguel Nóbrega, l’ancien directeur de l’Agriculture et du Développement régional Paulo Santos et deux employées de ce même département du gouvernement régional.
À cette occasion, la Police Judiciaire (PJ) a informé qu’une opération avait été menée à Madère en lien avec des soupçons de criminalité économique et financière, nommée « AB INITIO », mobilisant 110 éléments de la PJ, quatre procureurs du Ministère public, deux juges du Tribunal judiciaire de Funchal, et six membres du Núcleo de Assessoria Técnica.
Les soupçons portaient sur des crimes de participation économique à une affaire, de réception ou d’offre indue d’avantages, de prévarication et de financement interdit de partis politiques.
Selon la PJ, cette enquête a été lancée en 2020 par l’Unité nationale de lutte contre la corruption et le Département d’enquête criminelle de Madère, se concentrant sur des comportements considérés comme de la criminalité hautement organisée.
L’opération visait l’exécution de mandats d’arrêt pour huit personnes ainsi que des perquisitions domiciliaires et non domiciliaires, dont deux réalisées dans des sièges municipaux et quatre dans des secrétariats régionaux.
« Il s’agit d’adjudications effectuées par des entités publiques régionales, par l’intermédiaire de leurs représentants, titulaires de fonctions politiques et fonctionnaires, à des sociétés contrôlées par un seul individu, ainsi qu’à d’autres entreprises gérées par des personnes avec lesquelles ce dernier entretient des relations amicales, en violation des règles des appels d’offres publics », indiquait à l’époque une note de la Procuradoria-Geral da República (PGR).
Au moins 25 appels d’offres effectués entre 2020 et 2024, totalisant plus d’un million d’euros (hors TVA), étaient en cours d’investigation.
« Des soupçons de simulation de procédures et de gonflement des coûts dans les procédures attribuées afin de solder les dettes d’un parti politique résultant d’une campagne électorale sont également en cours d’investigation », indiquait la PGR au sujet de l’enquête en cours au Département d’enquête et d’action pénale régional de Lisbonne, qui est sous le secret de l’instruction.
Quatre jours après leur arrestation, le 20 septembre, les huit prévenus ont comparu au tribunal menottés pour être entendus lors de la première audition judiciaire, décidant de garder le silence.
La juge d’instruction criminelle a décidé de libérer les prévenus et n’a imposé comme mesures de contrainte que l’obligation de signer un terme d’identité et de résidence, l’interdiction de contact avec les autres prévenus et l’obligation de demander l’autorisation du tribunal pour quitter la région, sans confiscation du passeport.
Seul l’ancien responsable de l’Institut de santé a été empêché d’exercer les fonctions de président du conseil d’administration, une mesure qui reste en vigueur.