Le taureau a coûté 5000€ et pèse 500kg. Pourquoi a-t-il été acheté pour Ponte de Lima?

Le taureau a coûté 5000€ et pèse 500kg. Pourquoi a-t-il été acheté pour Ponte de Lima?

Des images du taureau acheté par l’Association Amis de la Vaca das Cordas ont été publiées pour maintenir une tradition séculaire, à la veille du jour férié de la Fête-Dieu.

Il convient de noter que l’animal a coûté cinq mille euros et pèse plus d’une demi-tonne.

Contacté par l’agence Lusa, le président de cette association, Aníbal Varela, a révélé que le taureau, acheté à l’élevage Santos Silva à Montemor-o-Velho, dans le district de Coimbra, arrivera à Ponte de Lima, dans le district de Viana do Castelo, le 17 pour être placé dans les installations de l’Expolima.

Le 18, il sera transporté de cet endroit à la maison du Comte d’Aurora, d’où il partira à 18h00 pour les rues du village afin d’accomplir une manifestation en voie de classification en tant que Patrimoine Culturel Immatériel.

En février dernier, l’Institut du Patrimoine Culturel a lancé la consultation publique pour la classification, une décision étant prévue dans les 120 jours suivant la conclusion de cette consultation.

Malgré le nom de Vaca das Cordas, le protagoniste de la tradition est un taureau, qui après avoir été « couru » est vendu à une boucherie de Ponte de Lima pour que sa viande soit vendue.

La manifestation, qui se déroule toujours à la veille de la Fête-Dieu, commence à 18h00 lorsque l’animal est conduit depuis la Casa Conde d’Aurora par une quinzaine de personnes, attaché par deux cordes, jusqu’à l’église Matrice.

Il est alors attaché à la fenêtre en fer de la tour des cloches, et il reçoit un bain de vin rouge de la région, « sur le dos, pour rafraîchir et restaurer ses forces », comme le veut la coutume locale.

Le taureau fait ensuite trois tours de l’église, toujours avec des incidents et de nombreuses chutes des villageois qui osent l’affronter, après quoi il est conduit vers le vaste banc de sable du village, donnant lieu à des péripéties, avec courses, frayeurs, bleus et chutes, et même prises de becs amateurs.

« C’est sur le sable que les plus courageux s’aventurent à faire quelques prises », observa Aníbal Varela, le président de l’association qui organise le rituel.

Dans les rues du centre historique, on procédera, jusqu’à tard dans la nuit, à la confection des tapis floraux sur lesquels passera la procession de la Fête-Dieu.

La plus ancienne référence connue de la Vaca das Cordas remonte à 1646, lorsqu’un code de règlements obligeait les meuniers de la région (fonctionnaires publics) à conduire, attachée par des cordes, une vache sauvage, sous peine d’une amende de 200 réis payable à la prison.

Plus tard, selon le Code des règlements de 1720, la peine était portée à 480 réis. La légende dit que l’église Matrice de l’ancien village était un temple païen dédié à une déesse, symbolisée par une vache.

Ce temple a ensuite été transformé en église par les chrétiens qui ont retiré de son nichoir l’image de la « déesse vache » et en ont fait trois tours autour de l’église, après quoi ils l’ont traînée dans les rues du village.

C’est de là que découle la coutume de la Vaca das Cordas, un rituel qui fut interrompu en 1881 par le conseil municipal, pour réapparaître vers 1922 et ne plus cesser d’être pratiqué malgré la contestation ces dernières années par des organisations et des militants défenseurs des droits des animaux.