« Et oui, nous comprenons que, à partir du principe que la direction de l’information doit être entendue, elle pourrait être entendue annuellement pour rendre des comptes à l’Assemblée de la République, c’est une ingérence politique, c’est une tentative de contrôle, le journalisme ne doit pas être examiné par le pouvoir politique », a déclaré Susana Venceslau.
La déléguée syndicale s’exprimait lors de la commission parlementaire de la Culture, de la Communication, de la Jeunesse et du Sport, dans le cadre de l’audience des syndicats représentatifs des travailleurs de Lusa, sur le nouveau modèle de gouvernance de l’agence de presse et les nouveaux statuts.
Selon le numéro 2 de l’article 21 des Statuts de Lusa, « dans la mesure où les règles du règlement ou la délibération de l’Assemblée de la République le déterminent ainsi, le Conseil d’Administration et le directeur de l’information comparaissent devant la commission parlementaire compétente pour fournir des informations ou des éclaircissements sur le fonctionnement du service public, chaque fois que cela leur est demandé ».
« Lusa a une administration, celle-ci doit effectivement rendre des comptes, remettre tous les rapports, venir rendre compte de ce qui est fait, la ligne éditoriale doit être indépendante, elle doit avoir la liberté de décider de manière indépendante et nous voulons et défendons qu’il en soit ainsi », a-t-elle souligné de la représentante syndicale.
« Nous comprenons que le journalisme est examiné au quotidien » et que « cela ne doit pas être fait par le pouvoir politique, encore moins ici à l’Assemblée de la République », a-t-elle insisté.
Concernant le Conseil Consultatif, elle a indiqué qu' »il n’a pratiquement pas de représentants journalistes, car les représentants qui y sont, sont effectivement du pouvoir politique, sont effectivement du pouvoir local et aussi des patrons », faisant observer que l’organe devrait avoir une plus grande pluralité.
Ce nouvel organe « n’a pas de pouvoir contraignant et, par conséquent, il sera appelé à donner des avis qui ne sont pas contraignants et nous soulevons ici la question : au moment où nous serons appelés à donner ces avis, quel poids aura l’élément de la Commission des Travailleurs avec l’élément du Conseil de Rédaction par rapport aux 11 autres qui représentent le pouvoir politique et représentent les patrons », a-t-elle interrogé.
La déléguée syndicale a évoqué la possibilité qu’une « fusion » de Lusa dans RTP soit en préparation, ce qui mettrait en cause le rôle de l’agence de presse.
« Ce que nous devrions être en train de discuter en ce moment, effectivement, à notre humble avis, ce serait le renforcement des compétences de l’agence, le renforcement des journalistes, par la force de meilleures conditions de travail et par la force de meilleurs salaires », a-t-elle conclu.
De son côté, le délégué syndical de SITE-CSRA, Rui Nunes, a défendu la nécessité d’un Livre Blanc sur le service de Lusa.
« Nous insistons sur le Livre Blanc, de notre point de vue c’est de toute convenance », a-t-il renforcé.
