Dans un communiqué envoyé à l’agence Lusa, le syndicat dénonce que la travailleuse, « technicienne supérieure, fut assignée à des fonctions de standardiste » à son retour au travail, en septembre 2025, après avoir été en « arrêt maladie pour ‘burnout’, pendant 13 mois ».
Dans la plainte envoyée au Tribunal administratif et fiscal de Viseu, à laquelle l’agence Lusa a eu accès, il est précisé qu’elle avait demandé, sur recommandation médicale, au directeur de l’Établissement Pénitentiaire de la Guarda (EPG) de modifier ses horaires de travail et « de mettre en place des mesures spécifiques pour adapter les conditions de travail à ses limitations de santé ».
En réponse, Luís Couto lui aurait attribué des fonctions d’accueil téléphonique pour les contacts extérieurs liés aux détenus, la réception des demandes quotidiennes des détenus, leur prise en charge ultérieure, ainsi que l’accueil des détenus entrants (en liberté ou transférés d’un autre EP).
La responsable a également été chargée de la gestion de la plateforme Te.lio, « répondant à toutes les requêtes y afférentes ».
La plaignante affirme que l’attribution de ces fonctions « ne correspond pas aux indications médicales, divergeant significativement des fonctions pour lesquelles elle a été jugée apte ».
« De plus, des fonctions purement administratives lui ont été attribuées, ce qui n’est pas mentionné dans le contrat de travail de l’Auteure », peut-on encore lire.
Le syndicat soutient que la travailleuse « ne se sent pas bien psychologiquement » et accuse le directeur de l’EPG « de profiter de cela pour l’humilier en lui confiant des fonctions qui ne correspondent pas à celles pour lesquelles elle a été embauchée, (…), tout en lui attribuant, soulignons-le, comme forme de représailles, des fonctions administratives ».
Pour la plaignante, « ce comportement, outre qu’il viole les droits de l’Auteure, notamment sa santé, constitue une pratique de harcèlement professionnel, ainsi qu’un abus de pouvoir et de discrimination, car le changement de fonctions semble avoir été effectué à des fins punitives, en représailles, avec l’objectif de la punir et de lui nuire ».
« Cet abus de pouvoir se manifeste en profitant des fonctions qui lui sont confiées pour perturber sa vie professionnelle de l’Auteure et, par conséquent, sa vie personnelle, lui causant des dommages mentaux et professionnels ».
La fonctionnaire affirme également avoir été « offensée dans son honneur et sa considération, ayant éprouvé des sentiments d’angoisse, d’instabilité émotionnelle, de désespoir, de frustration et d’humiliation, ce qui a gravement affecté sa santé psychologique, au point de ressentir le besoin d’augmenter sa prise de médicaments pour l’anxiété et la dépression ».
La plaignante a également tenté, avec le soutien de SinDGRSP, de résoudre le cas à l’amiable, mais sans succès, ayant ensuite signalé la situation à l’Autorité pour les conditions de travail (ACT), à l’Inspection générale de la justice (IGJ) et à la DGRSP, sans obtenir de réponses.
Ce cas a conduit le Syndicat des techniciens de la Direction générale de la réinsertion et des services pénitentiaires à critiquer le « modèle salazariste » de sélection des travailleurs pour des fonctions « sans aucun concours ».
Le SinDGRSP indique qu’il continuera « à défendre que ces postes doivent être occupés, comme dans toute l’administration publique, de manière claire, par des personnes qualifiées et légitimées par un concours ».
Et fait appel à la ministre de la Justice pour qu’elle « ne permette pas que ce modèle contestable se perpétue » à la Direction générale de la réinsertion et des services pénitentiaires.
Contacté par l’agence Lusa, Luís Couto, directeur de l’Établissement Pénitentiaire de la Guarda, a reporté ses déclarations après avoir été autorisé par le directeur général de la réinsertion et des services pénitentiaires.
