Le président de l’Eurogroupe salue l’allègement commercial entre les États-Unis et la Chine.

«Nous reconnaissons que l’incertitude liée au commerce mondial a un impact sur les perspectives économiques de nombreuses économies et, dans ce sens, les signes de progrès entre l’Amérique et la Chine sont les bienvenus», a déclaré Paschal Donohoe.

En arrivant à la réunion des ministres des Finances de la zone euro, le président de l’Eurogroupe a salué cette trêve entre Washington et Pékin, mais a admis qu’en ce qui concerne l’Union européenne (UE), «le travail se poursuivra» pour éviter l’imposition de tarifs par les États-Unis, étant donné qu’il existe une «relation commerciale valant des milliards d’euros chaque jour».

«Malgré tout, notre performance économique [de la zone euro] reste très solide. Actuellement, elle est en retard par rapport à d’autres parties du monde, mais nous sommes à l’avant-garde de nombreuses forces d’incertitude et nos économies continuent de bien performer», a souligné Paschal Donohoe.

Ces déclarations interviennent avant que la Commission européenne ne publie, vendredi prochain, ses prévisions économiques de printemps.

Les prévisions macroéconomiques de l’exécutif communautaire devraient être influencées par les politiques protectionnistes des États-Unis en raison de l’imposition de tarifs élevés à l’UE, ce qui a déclenché des tensions commerciales, une instabilité sur les marchés financiers et des craintes de ralentissement économique et d’inflation persistante.

Jeudi dernier, la Commission européenne a proposé une liste de biens industriels et agricoles des États-Unis, d’une valeur de 95 milliards d’euros, à taxer si les négociations avec Washington n’aboutissent pas, préparant également un litige à l’Organisation mondiale du commerce.

Ce moment de tensions commerciales succède aux annonces de Donald Trump d’imposer des taxes de 25 % sur l’acier, l’aluminium et les automobiles européens, et de 20 % en tarifs réciproques au bloc communautaire, ces dernières ayant été temporairement suspendues pour 90 jours.

La suspension a calmé les marchés, qui avaient enregistré de lourdes pertes, et a été saluée et suivie par l’UE, qui a, pendant la même période et jusqu’à la mi-juillet, suspendu les tarifs de 25 % sur les produits américains en réponse à ceux appliqués par les États-Unis sur l’acier et l’aluminium européens.

La Commission européenne, qui a la compétence de la politique commerciale de l’UE, a opté pour la prudence et cette prudence est soutenue par des pays comme le Portugal.

Bruxelles veut, au cours de ces 90 jours de pause, parvenir à négocier avec Washington et a déjà proposé des tarifs nuls pour les biens industriels dans les échanges commerciaux entre les deux blocs.

Actuellement, 379 milliards d’euros d’exportations de l’UE vers les États-Unis, soit 70 % du total, sont soumises aux nouvelles taxes (y compris celles temporairement suspendues) depuis l’entrée en fonction de la nouvelle administration des États-Unis.

Les calculs de la Commission européenne indiquent que les nouveaux droits de douane américains pourraient entraîner des pertes de 0,8 % à 1,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB) des États-Unis d’ici 2027, ce pourcentage étant de 0,2 % du PIB pour l’UE.

Dans le pire des cas, c’est-à-dire si les droits de douane deviennent permanents ou si d’autres contre-mesures sont prises, les conséquences économiques pourraient être plus négatives, allant jusqu’à 3,1 % à 3,3 % pour les États-Unis et de 0,5 % à 0,6 % pour l’UE.

À l’échelle mondiale, l’exécutif communautaire estime une perte de 1,2 % du PIB mondial et une baisse de 7,7 % du commerce mondial en trois ans.