Dans une déclaration transmise à Lusa, le ministère des Affaires étrangères a affirmé que « le gouvernement portugais communiquera sa position, par les canaux diplomatiques appropriés, aux autorités angolaises ».
« Le Portugal respecte profondément la liberté de la presse et, par conséquent, déplore sérieusement la situation survenue avec la RTP à Luanda », peut-on lire dans la déclaration du ministère dirigé par Paulo Rangel.
Mercredi, la RTP a exprimé sa « profonde inquiétude et son véhément rejet » face à « l’expulsion de l’équipe » chargée de couvrir un événement au siège de la Présidence angolaise à Luanda, dans une Note de Protestation envoyée à la Présidence et au Gouvernement de l’Angola.
Dans la Note de Protestation, les directeurs de l’information de la RTP, António José Teixeira, de la RDP, Mário Galego, et la directrice de RTP Afrique, Isabel Silva Costa, ont exprimé leur « profonde inquiétude et leur véhément rejet » face à « l’expulsion arbitraire de l’équipe de l’émetteur public portugais RTP, dépêchée au Palais de Cidade Alta pour couvrir une réunion officielle de la Présidence ».
« Bien qu’étant dûment accrédités et dans l’exercice légitime de leur fonction journalistique, les professionnels de la RTP ont été retirés de la salle de presse, dans une action sélective et discriminatoire qui contraste avec la présence d’autres journalistes », peut-on lire dans la Note de Protestation.
Les responsables éditoriaux de l’émetteur public portugais considèrent que l’attitude des autorités angolaises « représente un attentat à la liberté de la presse et une violation flagrante des principes fondamentaux du journalisme et de la démocratie ».
« La RTP a également été exclue du groupe WhatsApp du Centre de Presse de la Présidence — le moyen officiel de diffusion de l’agenda institutionnel des organes de communication accrédités », en Angola, poursuit la Note de Protestation.
Pour la RTP, la décision de la Présidence angolaise de ne pas permettre la présence de ses professionnels lors des événements officiels « révèle une tentative inacceptable de bâillonner la liberté d’expression dans un pays qui affirme être engagé envers les valeurs démocratiques ».
Les responsables éditoriaux de la RTP ont réitéré leur solidarité envers leurs professionnels et ont exigé « le plein respect des droits des journalistes, la restauration des conditions de travail », ainsi que « la fin des pratiques d’exclusion politique dans l’accès à l’information d’intérêt public ».
L’affaire, survenue lundi, a également suscité le rejet des syndicats des journalistes portugais et angolais.
Le Syndicat des Journalistes Angolais a exhorté le Secrétariat de presse de la Présidence de la République d’Angola à « se rétracter et à annuler la mesure ».
La Lusa a sollicité une réaction de la Présidence angolaise, mais n’a pas encore obtenu de réponse.