« Si tout se passe bien, dans environ une semaine au maximum, nous allons conclure les discussions avec le projet dirigé par Total, afin de pouvoir reprendre, après l’annonce publique de la levée de la ‘force majeure’. Une communication officielle a déjà eu lieu », a déclaré le chef de l’État, Daniel Chapo, lors de l’ouverture de la XXe Conférence Annuelle du Secteur Privé (CASP), à Maputo.
« Nous travaillons pour finaliser les points que nous jugeons importants pour le bénéfice du peuple mozambicain et des investisseurs, afin de reprendre le projet le plus rapidement possible », a affirmé Daniel Chapo, lors de la même intervention, assurant que le gouvernement travaille « sept jours sur sept, 24 heures sur 24, pour la reprise des projets de Rovuma », à Cabo Delgado.
Les conditions posées par TotalEnergies, dans une lettre remise à la présidence mozambicaine le 24 octobre, annonçant la décision de lever la clause de ‘force majeure’ du projet, quatre ans après la suspension due aux attaques terroristes à Cabo Delgado, incluent également la nécessité de compensations pour les pertes dues à l’arrêt.
La prorogation de la concession proposée par TotalEnergies, leader du consortium de l’aire 1 du bassin de Rovuma, au nord du Mozambique, servirait, selon la lettre à laquelle l’agence Lusa a eu accès, à compenser les pertes de 4,5 milliards de dollars (3,87 milliards d’euros) pendant la suspension du méga-projet.
Dans la lettre signée par le président de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, annonçant la décision de lever la clause de ‘force majeure’, la demande est justifiée pour « compenser partiellement l’impact économique » de l’arrêt, dû aux attaques terroristes à Cabo Delgado, reconnaissant que les conditions de sécurité pour la reprise sont désormais réunies.
« La concessionnaire demande respectueusement que le gouvernement accorde une extension du délai de la période de développement et de production du [champ] Golfinho-Atum (…) pour une durée de 10 ans », lit-on.
Il est ajouté que « comme étape finale avant le lancement complet du projet », la concessionnaire Mozambique LNG, dirigée par TotalEnergies, « attend l’approbation du gouvernement mozambicain pour le coût et le calendrier révisés ».
« L’approbation de ce budget révisé couvrira les coûts supplémentaires encourus par le projet en raison des événements de ‘force majeure’, qui totalisent 4,5 milliards de dollars », est-il encore écrit.
Il s’agit d’un méga-projet de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros). La concessionnaire indique maintenant que la première livraison de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) de la première ligne à installer à Afungi, Cabo Delgado, est passée de juillet 2024, comme prévu, au « premier semestre de 2029 ».
Le Mozambique a trois méga-projets de développement approuvés pour l’exploitation des réserves de GNL du bassin de Rovuma, classées parmi les plus grandes du monde, au large de la côte de Cabo Delgado, incluant celui de TotalEnergies (13 mtpa), en phase de reprise, après la suspension due aux attaques terroristes dans la région, et un autre d’ExxonMobil (18 mtpa), de 30 milliards de dollars (26,1 milliards d’euros) qui attend une décision finale d’investissement, tous deux dans la péninsule d’Afungi.
S’ajoute celui de l’italienne Eni, qui produit déjà depuis 2022, environ sept mtpa, à partir de la plateforme flottante Coral Sul, qui sera doublée à partir de 2028 avec la deuxième plateforme Coral Norte, dans un investissement de 7,2 milliards d’euros (6,2 milliards d’euros).
