Le gouvernement réagit aux critiques et affirme que supprimer le FCT n’est pas une « mesure radicale ».

Le gouvernement réagit aux critiques et affirme que supprimer le FCT n'est pas une "mesure radicale".

La position de Fernando Alexandre et de son équipe ministérielle intervient en réponse à une initiative publique des recteurs et chercheurs adressée à la Présidence de la République et au gouvernement, dans laquelle ils expriment leurs craintes que la suppression de la Fondation pour la Science et la Technologie (FCT) nuise à la production scientifique et critiquent le manque de transparence d’un processus où ils déplorent ne pas avoir été consultés.

 

Le point de discorde est la réforme en cours au sein du Ministère de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation (MECI) et la création de l’Agence de Recherche et d’Innovation (AI2), qui reprendra les compétences jusqu’à présent attribuées à la FCT et à l’Agence Nationale d’Innovation (ANI).

La disparition de la FCT est particulièrement controversée, et dans la lettre envoyée à la Présidence de la République, où le décret-loi du gouvernement est en attente de promulgation, les recteurs et chercheurs critiquent ce qu’ils considèrent être une rupture radicale et la manière dont l’exécutif a géré le processus.

«Il existe un consensus au sein de la communauté scientifique concernant la nécessité d’améliorer le fonctionnement des agences de financement (FCT et ANI) ainsi que les mécanismes de valorisation des connaissances auprès des entreprises et des organismes publics. Cependant, les problèmes reconnus ne justifient pas la mesure radicale de la suppression de la FCT», argumentent-ils dans le texte auquel Lusa a eu accès.

En réponse, l’équipe dirigée par Fernando Alexandre souligne que la position publique ne lie pas le conseil des recteurs ou d’autres groupes d’enseignants et chercheurs, rejetant l’idée que supprimer la FCT et créer l’AI2 soit une «mesure radicale», mais plutôt «un élément d’une réforme structurelle plus large» du MECI, précisant que l’objectif «n’est pas de supprimer les compétences, mais de les intégrer de manière cohérente, en évitant la fragmentation et la duplication fonctionnelle actuelles, reconnues par la communauté scientifique et d’innovation».

Le MECI affirme que la nouvelle agence, «qui remplacera une structure obsolète» et dont la création «a impliqué directement» les présidents de la FCT et de l’ANI, disposera d’un «mandat clair», d’un «financement pluriannuel, ancré dans un contrat-programme de cinq ans, et une lettre de mission», tout en garantissant son «indépendance par rapport au pouvoir politique» ainsi que les instruments et financements nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

«La création de la nouvelle Agence représente une décision exécutive et opérationnelle visant à accroître l’efficacité et l’efficience dans la gestion du financement de la science et de l’innovation», indique le document signé par Fernando Alexandre, ajoutant qu’un «nouveau paradigme de financement, basé sur la planification stratégique» est nécessaire.

«Cette planification stratégique, qui sera intégrée dans le contrat-programme, sera le résultat d’une réflexion approfondie, élargie et participative», continue le document du MECI, qui précise que la communauté scientifique sera invitée à discuter et identifier des défis stratégiques, l’allocation budgétaire pour la recherche et le développement ainsi que la révision de la Loi de la Science.

Il est également réfuté qu’il n’existe pas de «diagnostics solides justifiant la réforme», en se référant à une recommandation du Conseil National de la Science, de la Technologie et de l’Innovation (CNCTI), laquelle, affirme le gouvernement, «ne résulte pas d’une opinion abstraite, mais d’un travail fondé sur des situations concrètes».

«Le document souligne des problèmes de dispersion et de duplication dans le système scientifique et d’innovation. Il note, par exemple, l’existence de plus de 800 entités dans l’écosystème de recherche et d’innovation portugais, la prolifération d’instruments de financement avec des règles distinctes, des calendriers discordants et une bureaucratie redondante compromettant l’efficacité et la prévisibilité», indique la réaction du MECI.

Fernando Alexandre et son équipe nient également que l’avenir de la science fondamentale au Portugal soit en jeu, garantissant qu’«elle ne sera pas dévalorisée».

«L’allocation budgétaire pluriannuelle de la science fondamentale sera protégée à cette fin et proviendra de recettes fiscales», mentionne le document, indiquant également que la double tutelle de la nouvelle agence — par le MECI et le Ministère de l’Économie et de la Cohésion Territoriale — «vise à renforcer la synergie entre les instruments de financement et n’affectera pas l’investissement et le focus sur la science fondamentale».

«L’articulation entre science et économie n’est pas une subordination: c’est la reconnaissance que la connaissance scientifique doit pouvoir se traduire en progrès économique, social et culturel», affirme le gouvernement.

Concernant la forme sociétale d’entreprise publique de l’AI2, le gouvernement la défend, affirmant qu’elle «garantit la cohérence stratégique et la capacité d’exécution, assurant l’alignement avec les priorités nationales, tout en procurant une plus grande autonomie opérationnelle, une agilité dans le recrutement de ressources qualifiées, une facilité de gestion de projets internationaux et une efficacité accrue dans l’application des fonds européens».