Parmi les deux douzaines de spectacles présentés, on comptera douze premières, dont huit mondiales, selon les informations fournies par Eira, structure fondée en 1993 par le chorégraphe Francisco Camacho, qui a lancé le festival en 2015, considéré comme son « année zéro ».
Le duo de chorégraphes Sofia Dias et Vítor Roriz a été invité à la curatelle de la programmation des artistes résidents au Portugal, parallèlement à des spectacles venus de l’étranger, proposés par Eira pour cette édition, qui inclut également des laboratoires de création, des cours, des audio-guides, des performances dans l’espace public et des discussions.
D’après le duo de curateurs, cette édition de Cumplicidades présente « des formats qui révèlent les différentes gradations de la création artistique en danse, où le spectacle n’est qu’une de ses multiples manifestations. Gradations pourrait d’ailleurs être le sous-titre de cette édition », décrivent-ils, cités dans le texte de présentation, diffusé par Eira.
Cette gradation se manifeste à l’ouverture du festival avec la présentation de sept performances courtes, résultat d’un laboratoire de recherche réunissant sept artistes et cinq neuroscientifiques dans une collaboration inédite entre Cumplicidades, le Musée d’Art, d’Architecture et de Technologie (MAAT) et la Fondation Champalimaud, axée sur les œuvres d’Ana Léon, Jeff Wall et Rui Moreira, exposées dans cet espace muséologique.
Le public aura accès à la programmation de danse et au processus qui lui donne naissance dans divers lieux tels que le Pavilhão Branco, la Bibliothèque de Marvila, le Théâtre Taborda, la Rua das Gaivotas 6, le Centre d’Interprétation de Monsanto, le Jardin de l’Estrela, le Théâtre du Bairro Alto (TBA) et la Gare de Rossio.
Le programme comprend la première mondiale de « CatGut Jim », de Connor Scott, dans la Black Box du Centre Culturel de Belém (CCB), la première nationale de « Melodrama Senza Te », de Bruno Brandolino, au TBA, la performance « Mandíbula », de la chorégraphe Josefa Pereira, et le spectacle « Fuck me Blind », du chorégraphe italien Matteo Sedda, dans la Black Box du CCB.
Dans cette édition, la coproduction du Festival Cumplicidades – qui a lieu tous les deux ans – est également assumée par le CCB, où de nombreuses propositions artistiques ont lieu, indiquent-ils.
« Dobrez », de l’espagnole Sabela Mendoza, se déroulera dans l’Auditorium de la Bibliothèque de Marvila, et « Rokatei », du duo Park Keito, composé de Kotomi Nishiwaki, du Japon, et de Miquel Casaponsa, d’Espagne, à la Rua das Gaivotas 6.
À ces choix d’Eira s’ajoutent les présentations du Laboratoire Dança Sem Idade, Jornada 45+, au Théâtre Taborda, avec la participation d’artistes de plus de 45 ans, parmi lesquels Ana Caetano, Carla Sofia, Franscesca Bertozzi, Marina Quay, Marta Coutinho, Sara Paniágua et Tony Omolu, sous la direction de Francisco Camacho et Diego Lasio.
Comme à l’accoutumée, le festival dédié à la danse invite des programmateurs étrangers à assister aux spectacles, créant une opportunité de projection internationale, cette année avec des noms tels qu’Olga Zitluhina (Festival Laiks Dejot, Riga/Lettonie), Flávia Tápias (Festival Dança em Trânsito, Rio de Janeiro/Brésil), Sabela Medonza (Mostra Internacional de Teatro de Ribadavia, Galicie/Espagne) et Momi Falchi (Fuorimargine, Cagliari/Italie).
Les chorégraphes Sofia Dias et Vítor Roriz soulignent à cet égard que ce festival crée « des contextes qui réunissent des personnes de différents horizons et incluent aussi bien celles qui n’ont jamais vu de danse que celles qui la connaissent intimement ».
Pour Francisco Camacho, le travail des curateurs du festival témoigne « d’une volonté d’intimité avec le public, qui peut s’aventurer dans les méandres d’une communauté artistique stimulante, dont la multiculturalité est accentuée par les participations issues de partenariats d’Eira dans la région méditerranéenne ».
Le dialogue du festival avec les arts plastiques se poursuivra avec deux performances supplémentaires, l’une d’Inês Melo Campos, « Fazer Ideia », en relation avec une œuvre de l’artiste visuelle Fernanda Fragateiro exposée au CCB, et l’autre d’Andresa Soares qui se tient au Pavilhão Branco (Galeries Municipales de Lisbonne), en confrontation avec une exposition de Francisco Vidal.
Le programme dédié à la danse contemporaine a également réservé un espace pour un événement d' »imagination de futurs » à la Fondation Champalimaud : « L’auditorium, lieu de communication des réalisations les plus novatrices dans le domaine de la neuroscience, sera le théâtre où artistes et scientifiques partageront avec le public leurs projets dans ‘Idées pour le Futur’, une série de conférences/performances oscillant entre le réel et la fiction ».
La programmation inclut également le « Passaporte da Dança », une initiative qui se déroulera du 5 au 9 mai et proposera des cours de danse gratuits dans divers lieux de la Grande Lisbonne, précédant l’ouverture du Festival Cumplicidades.