« Il faut abandonner les préjugés, il faut les affronter et voir les gens comme des personnes, ne pas déshumaniser, car le danger de certaines narrations que l’on trouve notamment sur les réseaux sociaux est cette déshumanisation, ou bien penser qu’il y a un privilège de certaines personnes par rapport à d’autres », a déclaré Eugénia Quaresma à l’agence Lusa.
La responsable de l’OCPM, un organisme de la Conférence Épiscopale Portugaise créé en 1962, s’exprimait dans le cadre du pèlerinage national du migrant et du réfugié au Sanctuaire de Fátima, intégré dans le pèlerinage international anniversaire des 12 et 13 août, qui commence mardi.
Eugénia Quaresma a estimé qu’il est important de comprendre « que les gens ne peuvent pas tout dire, ni de n’importe quelle manière ».
« Nous devons éduquer la narration, et cela, à partir des faits et des relations de proximité », a-t-elle préconisé.
Selon la directrice de l’OCPM, lorsque l’on connaît les personnes, « beaucoup de préjugés tombent », car « les gens ont un nom, une culture, deviennent amis, c’est le voisin ».
Pour cette responsable, appeler les gens par leur nom, connaître leur famille ou leur histoire mène « à un autre traitement ».
« Il est temps d’impliquer à nouveau la société dans cette vague d’empathie, de réapprentissage de l’écoute, de l’écoute de l’autre, d’échange d’histoires, car peut-être avons-nous des expériences très similaires, si l’on regarde bien », a-t-elle avancé, soulignant que c’est ensemble que l’on construit la justice et non dans l’opposition.
Le pèlerinage a pour thème « Migrants, missionnaires de l’espérance », le titre du message du Pape Léon XIV pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui se célèbre en octobre.
Les célébrations à Fátima, le moment le plus attendu de la 53ème Semaine Nationale des Migrations, qui a commencé le 10 et se termine dimanche prochain, sont présidées par Joan-Enric Vives i Sicília, archevêque émérite d’Urgel, Espagne.
Pour Eugénia Quaresma, c’est le moment de se pencher sur les causes des migrations et sur le bien, « pour le potentiel évangélisateur » et « le témoignage de foi que les migrants donnent », car « c’est un grand acte de foi de quitter son pays d’origine et de chercher ailleurs une vie meilleure ».
« Les migrants sont ces personnes qui nous rappellent que cette planète Terre est notre maison commune. Nous pouvons naître dans un espace, un contexte donné, mais nous avons une immensité dans laquelle nous pouvons nous identifier, nous sentir, nous réaliser », a-t-elle poursuivi.
Selon la responsable de l’Œuvre Catholique, « les migrants sont ces protagonistes qui luttent d’abord pour la vie », et qui viennent ensuite « aider à construire, non seulement la société, mais, de manière très particulière, les communautés chrétiennes », aider « à être plus Église ».