Le CPF estime qu’une dépense de 2% du PIB en Défense doublera le déficit en 2029.

Une projection élaborée sur la base d’une convergence linéaire sur quatre ans, considérant une augmentation annuelle de 0,125 point de pourcentage (p.p.) du Produit Intérieur Brut (PIB) jusqu’à atteindre 2% de dépenses en Défense en 2029, indique qu’à cette date un déficit budgétaire de 0,6 p.p. du PIB plus élevé que celui projeté en politiques invariantes serait atteint et que le ratio de la dette publique s’aggraverait de 1,3 p.p. du PIB.

Les estimations du Conseil des Finances Publiques (CFP) publiées aujourd’hui montrent que, dans un scénario de politiques invariantes, c’est-à-dire s’il n’y a pas de nouvelles mesures, le déficit est estimé à 0,6% du PIB, alors que si l’augmentation des dépenses en Défense à 2% du PIB était incluse, le déficit atteindrait 1,2%.

De même, le ratio de la dette publique est projeté à 85,4% du PIB en politiques invariantes pour 2029, et à 86,6% si l’objectif de dépenses était atteint cette année-là.

« En termes d’effet direct sur les finances publiques, cette augmentation se reflète entièrement dans les dépenses primaires, aggravant le solde budgétaire et la dette publique », conclut le CFP.

La présidente du CFP a cependant souligné lors de la présentation du rapport aujourd’hui qu’il pourrait y avoir d’autres effets résultant de l’investissement en Défense, tels que « des opportunités de création d’emplois ».

De plus, le « pari que fait l’Union Européenne sur le développement des industries de la Défense pourrait également être un moyen de stimuler la croissance future des économies européennes, en lien avec d’autres objectifs tels que la décarbonisation et les industries propres ».

Il convient de noter que cette projection a été publiée ce matin et que la clôture des données utilisées pour le rapport a eu lieu le 2 avril, mais le Premier ministre a annoncé aujourd’hui une anticipation de l’objectif de dépenses de 2% du PIB lors du Conseil des ministres.