L’association déplore la mort de la femme ventilée, mais laisse des questions.

« Qui aurait dû garantir cette même redondance en cas de panne prolongée de l’approvisionnement en électricité ? Existe-t-il un suivi et une supervision qui garantissent que tous les citoyens dépendants de ce type d’équipements disposent de plans de contingence fonctionnels ? », s’interroge l’ANTEM, dans une note publiée aujourd’hui.

Le ministère de la Santé a annoncé jeudi avoir ordonné une enquête sur les circonstances du décès d’une septuagénaire qui était sous ventilation et qui aurait succombé, prétendument, à la suite de la coupure de courant de lundi.

Le cas de cette femme de 77 ans a été avancé par RTP. Dans le reportage diffusé sur la chaîne publique, la famille a relaté que la femme, qui était ventilée à domicile, est décédée le jour de la panne, affirmant que la mort était due à l’absence d’électricité.

« Ayant été informé, ce jeudi 1er mai, d’une éventuelle victime causée par la coupure de courant le 28 avril dernier, la ministre de la Santé a décidé de demander un audit à l’Inspection Générale des Activités de la Santé (IGAS) pour clarifier pleinement ce cas », a indiqué le ministère dans une brève note envoyée aux rédactions.

Dans le communiqué publié aujourd’hui, l’ANTEM demande « la clarification complète de toutes les circonstances qui ont conduit à ce dénouement tragique » et s’interroge, si le récit des proches de la victime se confirme, « comment il est possible que le système de communications d’urgence national échoue à nouveau à un moment critique ».

« Encore une fois, il devient clair que ce sont précisément dans les premières minutes d’une urgence que l’action est décisive », déclare l’ANTEM, rappelant que les pompiers sont, dans la grande majorité des cas, les premiers à arriver sur place et, pour cette raison, « ont urgemment besoin de plus d’éducation en médecine pré-hospitalière et d’une plus grande capacité d’intervention clinique ».

L’ANTEM rappelle avoir souvent signalé cette lacune et proposé des solutions, et considère que les décideurs politiques « continuent d’éviter une réponse sérieuse et efficace à cette défaillance ».

Une autre question qui, selon l’ANTEM, devrait être clarifiée est le temps d’arrivée de la Véhicule Médical d’Urgence et de Réanimation (VMRT), qui « selon l’INEM elle-même, a mis presque 40 minutes pour arriver sur place ».

« Ce retard nécessite une enquête et la découverte de tous les faits », ajoute l’association, qui espère que ce cas « ne sera pas un de plus à tomber dans l’oubli, avec des responsabilités diluées ou rejetées sur les citoyens eux-mêmes ».