Lors d’une déclaration accordée à l’agence Lusa, le président de l’ANCC, José Bourdain, a expliqué qu’au cours d’une réunion qui s’est tenue lundi dernier avec la secrétaire d’État à la Gestion de la Santé, il a été informé que toutes les entités qui ne parviendront pas à terminer les travaux approuvés dans le cadre du PRR avant le 30 juin 2026 devraient se retirer, permettant ainsi que les fonds soient réaffectés à l’achat d’équipements hospitaliers.
José Bourdain a exprimé son « choc » face à cette information, rappelant que le 17 avril dernier, divers contrats avaient été signés dans le cadre du PRR lors d’une cérémonie publique pour les soins continus dans la région de Lisbonne et de la vallée du Tage, qu’il qualifie maintenant de « propagande électorale ».
« En sachant qu’elles devront se retirer et qu’elles n’auront pas droit à ces fonds, ces institutions se retrouveront dans une situation financière très préoccupante, car elles comptaient précisément sur cet argent sous forme de subventions, en complément de leurs propres moyens, pour celles qui en ont, ou par endettement bancaire, pour mener à bien les travaux », explique-t-il.
Le responsable se remémore que l’ANCC avait à plusieurs reprises alerté sur les retards dans le lancement des appels d’offres dans cette partie du PRR, tant sous le précédent gouvernement que sous l’actuel, et il s’étonne qu’à la cérémonie de signature des contrats ce mois-ci, une annonce ait été faite concernant la publication d’un « nouvel avis pour les lits restants ».
Il rappelle que, pour tenter de rattraper les retards et réussir à exécuter les fonds du PRR, il avait demandé une législation spécifique (une sorte de ‘voie rapide’) pour accélérer les procédures de licence à travers tout le processus.
Malgré les avertissements répétés de l’ANCC, le Gouvernement et l’Administration Centrale du Système de Santé (ACSS) « ont encouragé les entités privées (avec ou sans but lucratif) à soumettre des candidatures (…), déclarant qu’il y avait suffisamment de temps, » souligne-t-il.
Il se souvient que de nombreuses entités ont investi des centaines de milliers d’euros dans des projets, contracté des prêts bancaires, et certaines ont même lancé des appels d’offres publics (dont certains sont restés sans réponse en raison de la hausse constante des prix), ayant déjà signé des contrats.
Interrogé par Lusa, il a mentionné que dans la région de Lisbonne et de la vallée du Tage, cette situation concerne « environ la moitié de l’objectif du PRR, qui représente plus de 2.000 lits pour les soins continus ».
« Rien que dans la municipalité de Sintra, la deuxième plus grande du pays, nous parlons d’un chiffre rond de 400 lits et aucun d’entre eux n’avancera », a-t-il ajouté.
L’ANCC qualifie cette situation d' »inacceptable », rappelant que « tous les retards engagent la responsabilité exclusive du Gouvernement et des divers organismes publics (qui ne respectent pas les délais légalement prévus) et ont entravé tout le processus inhérent à l’exécution des projets, notamment la construction des bâtiments ».
« Cela pourrait conduire certaines institutions à la faillite, » avertit José Bourdain, qui a envoyé une lettre au Premier ministre demandant l’intervention de Luís Montenegro sur cette question.
Dans la lettre, obtenue par Lusa, l’ANCC rappelle que « beaucoup d’entités ont investi des centaines de milliers d’euros dans des projets, contracté des crédits bancaires, certaines ont même lancé des appels d’offres publics (dont certains sont restés sans réponse en raison de la hausse constante des prix) ».
Considérant la gestion de la situation comme inconsidérée, l’association demande également à Luís Montenegro de fournir, de toute urgence, des informations sur les conséquences pour les entités qui ont entamé l’exécution des travaux (soit par appel d’offres public, soit déjà effectivement engagées dans les travaux) et qui ne les auront pas achevés d’ici au 30 juin 2026. »
« Les entités représentant le secteur social sont intégrées dans une commission de suivi du PRR, elles-mêmes aussi encouragées, n’ont jamais été informées (…) et le fait est que maintenant tout le monde est sous le choc, » affirme-t-il.
Comme solution, il suggère plusieurs options, y compris l’extension du délai pour l’achèvement des travaux : « Dans les agendas dits mobilisateurs du PRR pour les entreprises en général, il est permis une exécution des dépenses jusqu’au 31 décembre 2026, donc il s’agit d’un délai supplémentaire de six mois, ce qui peut faire toute la différence, où ces agendas mobilisateurs intègrent les subventions. »
Il admet également que, pour que le Gouvernement « répare la grosse erreur qu’il a commise », il pourrait avancer avec des fonds du budget de l’État ou, si possible, avec des fonds des programmes du Portugal 2030: « Je ne sais pas si c’est possible ou non, mais des délais beaucoup plus étendus existent, pouvant aller dans ce cas jusqu’en 2030, et nous serions tous sereins et disposerions du temps nécessaire pour exécuter ces travaux. »