Lors d’un événement de départ en honneur du gouverneur de la Banque Nationale des Pays-Bas, Klaas Knot, organisé par l’institution, Lagarde a estimé qu’il était « vital » que les politiques adaptent la régulation et la supervision dans un environnement « difficile », mais a soutenu qu’ils « ne devraient pas le faire en abaissant les normes pour les banques, mais plutôt en les élevant pour les entités non bancaires ».
En particulier, pour ceux qui exercent des activités similaires à la banque traditionnelle ou qui ont des liens importants avec le secteur bancaire.
Cela aiderait à répondre à la préoccupation des banques concernant l’inégalité des conditions avec les entités non bancaires, tout en permettant une meilleure supervision « qui rendrait plus visibles les risques potentiels pour la stabilité financière restés dormants dans les coins obscurs de l’économie », a argumenté la présidente de la BCE.
Lagarde a souligné que si les risques augmentent dans des secteurs échappant aux régulateurs et superviseurs, il pourrait se reproduire une situation semblable à celle d’avant la crise financière de 2008, où la politique monétaire était « de facto » le seul outil disponible pour « combler toutes les fissures » et « prendre les rênes de l’exubérance financière ».
Elle a insisté que les législateurs devraient « résister à la fatigue réglementaire et redoubler d’efforts pour étendre des règles mondiales plus fortes aux non-bancaires ».
Mais elle a également estimé qu' »après une décennie d’ajout de législations » il est temps « d’évaluer comment la réglementation peut être simplifiée pour éviter les duplications et les charges inutiles sur les institutions financières » et a rappelé que la BCE dispose d’un groupe de travail sur la simplification préparant des propositions en ce sens pour que la Commission européenne les prenne en considération.
« L’objectif n’est pas de relâcher les règles, ni de défaire ce qui a été accompli », a déclaré la présidente de la BCE, précisant que le travail se concentre sur la réduction de la complexité inutile dans certains aspects de la structure de capital, de l’information et de la supervision.
Ces déclarations arrivent à un moment où Bruxelles s’engage dans un exercice de simplification de sa réglementation, dans des domaines aussi divers que les obligations de durabilité corporative, la politique agricole, ou les normes numériques, avec l’objectif d’améliorer la compétitivité économique de l’UE, et où le gouvernement des États-Unis parie sur la déréglementation et le soutien aux crypto-actifs.
