La TVA de 6 % ne s’applique qu’aux travaux anciens avec réhabilitation approuvée.

La TVA de 6 % ne s'applique qu'aux travaux anciens avec réhabilitation approuvée.

La Autorité Tributaria et Aduaneira (AT) n’acceptera l’application de la TVA réduite (de 6 %) que dans certaines circonstances, selon une clarification publiée aujourd’hui sur le portail des Finances en réponse à une demande d’information contraignante formulée par une institution sociale de solidarité (IPSS) qui construit une résidence pour personnes âgées à Cabeceiras de Basto.

 

Bien que la position de l’AT soit identique à celle qu’elle a appliquée et défendue devant la cour dans plusieurs cas de litiges de contribuables, cette position désormais connue revêt une importance particulière car elle s’appuie sur un arrêt récent du Tribunal Administratif Suprême (STA), daté du 26 mars.

Cet arrêt crée une jurisprudence favorable à l’interprétation du fisc et va à l’encontre des décisions prises par les tribunaux arbitraux. Pour cette raison, la clarification de l’AT est pertinente pour d’autres contribuables confrontés à la même incertitude, ce qui pourrait éviter de futurs litiges, étant donné que l’on sait d’avance que l’interprétation de l’AT prévaudra également devant le tribunal supérieur en cas de litige.

L’AT explique qu’un marché de réhabilitation réalisé dans une Zone de Réhabilitation Urbaine (ARU) ne peut bénéficier de la TVA réduite (de 6 %) au lieu de la TVA normale (de 23 %) que si, cumulativement, il est « qualifié de ‘marché de réhabilitation urbaine’, aux termes définis dans le Régime Juridique de la Réhabilitation Urbaine (RJRU) », si l’intervention se situe dans une ARU et si « en outre » elle est « incluse ou intégrée dans une Opération de Réhabilitation Urbaine (ORU) officiellement approuvée » par le conseil municipal.

La législation sur la TVA a été modifiée en 2023 pour ajuster ces conditions, substituant le concept de « réhabilitation urbaine » à celui de « réhabilitation de bâtiments ».

Cependant, ce changement ne s’applique qu’à partir du 7 octobre 2023, avec certains cas spécifiques où les anciennes règles s’appliquent encore, comme c’est le cas pour le marché de cette IPSS.

Selon la législation d’octobre 2023, les demandes de permis, de communication préalable, ou de demande d’information préalable concernant des opérations d’urbanisme soumises à une municipalité avant la date d’entrée en vigueur de ce changement sont encore régies par les anciennes règles.

Il en va de même pour les demandes de permis ou de communication préalable soumises après l’entrée en vigueur de la présente loi, mais envoyées sous le régime d’une information préalable favorable antérieure.

Comme dans le cas de l’IPSS, le permis de construire de la résidence date de septembre 2019, la règle la plus ancienne prévaut.

L’IPSS plaidait pour l’application de la TVA de 6 % car, lors du lancement du marché, la municipalité de Cabeceiras de Basto avait reconnu « officiellement la pertinence du projet et son alignement sur les objectifs définis pour l’ARU concernée », peut-on lire dans l’information contraignante.

Cependant, la municipalité n’a pas conclu officiellement l’ORU et, face à cela, l’entrepreneur a appliqué la TVA de 23 %, ce qui, selon l’ISSP auprès de l’AT, « a entraîné une augmentation significative des coûts de l’œuvre » et « compromis la viabilité économique et financière de l’investissement ».

Dans le cas concret de cette IPSS, le fisc affirme que, « bien que le bâtiment soit situé dans une ARU correctement délimitée, et que la municipalité ait émis une attestation vérifiant que l’œuvre s’inscrit dans une opération de réhabilitation urbaine, l’ORU applicable à l’ARU en question n’était pas officiellement approuvée à la date de l’exécution du marché ».

Dans des cas similaires, si un propriétaire privé effectue une réhabilitation dans une ARU qui n’a pas d’ORU approuvé, il ne pourra pas non plus bénéficier de la TVA de 6 %, si le marché en question est antérieur à l’entrée en vigueur de la modification légale d’octobre 2023.

L’exécutif de Luís Montenegro souhaite élargir l’univers des situations où s’applique la TVA réduite.

Le programme du gouvernement prévoit, pour cette législature, de réduire la TVA à 6 % « dans les travaux et services de construction et de réhabilitation », tout en fixant une limite d’incidence « sur la valeur finale des biens immobiliers ».