La liquidité des banques est suffisante, déclare le gouverneur de la Banque du Mozambique.

La liquidité des banques est suffisante, déclare le gouverneur de la Banque du Mozambique.

« En ce moment, nous sommes tranquilles avec le niveau de liquidité qui existe dans le système. Il n’est pas nécessaire de toucher à la liquidité structurelle en manipulant les coefficients des réserves obligatoires. Nous allons maintenir notre position. Ce n’est pas quelque chose avec laquelle on peut plaisanter », a déclaré le gouverneur, interrogé par les journalistes à la fin de la réunion du Comité de Politique Monétaire (CPMO).

 

Le CPMO a décidé, le 27 janvier, d’une nouvelle baisse du taux d’intérêt de la politique monétaire MIMO, de 12,75 % depuis fin novembre, à 12,25 %, tout en réduisant également les coefficients des réserves obligatoires en monnaie nationale de 39,0 % à 29,0 % et en monnaie étrangère de 39,50 % à 29,50 %, afin d’apporter « plus de liquidité pour soutenir l’économie dans la restauration de la capacité productive et de l’offre de biens et de services ».

Lors de la réunion d’aujourd’hui, le CPMO a de nouveau réduit le taux d’intérêt, cette fois à 11,75 %, mais a maintenu les coefficients obligatoires inchangés, Rogério Zandamela justifiant que la mesure adoptée lors de la réunion précédente « a libéré beaucoup de liquidité ».

« Pour donner une idée de l’ordre de grandeur, tout cela ensemble, rien qu’en meticais, nous parlons d’au moins 55 milliards de meticais [798,2 millions d’euros], et près de 250 millions [de dollars, 231,8 millions d’euros] en termes de monnaie étrangère, qui ont été libérés pour le fonctionnement normal de l’économie », a-t-il indiqué.

Face au manque de devises sur le marché intérieur, les entrepreneurs mozambicains ont insisté ces derniers mois sur la nécessité pour la banque centrale d’assouplir les coefficients des réserves obligatoires en monnaie étrangère.

Le réseau d’information a rapporté ce mois-ci que les réserves obligatoires des banques mozambicaines ont atteint en décembre le maximum historique de 307.847 millions de meticais (4.441 millions d’euros), soit une augmentation de 15 % en un an, selon les données de la banque centrale.

Selon les données des rapports statistiques de la Banque du Mozambique – qui a entre-temps assoupli les mesures restrictives autour de ces réserves -, le volume de ces dépôts obligatoires effectués par les banques a battu des records mensuels consécutifs au cours des 18 derniers mois.

En septembre 2023, ces réserves obligatoires s’élevaient à 237.092 millions de meticais (3.420 millions d’euros), et rien qu’entre novembre et décembre 2024, elles ont augmenté de plus de 9 %.

Les réserves obligatoires des banques commerciales auprès de la banque centrale étaient fixées par la Banque du Mozambique à un coefficient de 10,5 % en monnaie nationale et 11 % en monnaie étrangère au début de janvier 2023.

Cependant, au cours des six premiers mois de 2023, la banque centrale a augmenté deux fois le coefficient afin « d’absorber l’excès de liquidité dans le système bancaire, avec un potentiel de générer une pression inflationniste ».

La dernière de ces augmentations a eu lieu en juin 2023, atteignant alors 39 % des dépôts en monnaie nationale et 39,5 % dans le cas de la monnaie étrangère réservée en banque.

Depuis fin décembre 2022, lorsque les réserves s’élevaient à 62.144 millions de meticais (896 millions d’euros), le volume des réserves bancaires détenues par la banque centrale a presque augmenté de 400 %.