La décision de la BCE a suivi les attentes du marché, qui envisage davantage de réductions.

« Il n’y a pas eu de grandes surprises de la part du Conseil de la BCE, qui a voté à l’unanimité en faveur d’une réduction de 25 points de base, comme prévu par les participants du marché », peut-on lire dans un commentaire des analystes de Ebury.

 

Les analystes considèrent que « les communications de la banque ont été ‘dovish’ [conciliantes] », à un moment où la désinflation est en « bonne voie et sera soutenue par un euro plus fort », mais où il existe également des préoccupations concernant le fait que les impositions commerciales de Trump pourraient mener l’économie déjà fragile de la zone euro vers une récession, rendant probable la nécessité d’un rythme plus rapide de réduction des taux.

« Dans un environnement géopolitique en constante évolution, il aurait été une erreur pour la BCE de partager aujourd’hui une orientation explicite. Cependant, l’élimination du mot ‘restrictive’ de la déclaration, les signes d’une plus grande confiance dans l’inflation et les craintes accrues concernant les perspectives de croissance indiquent que de nouvelles réductions sont pratiquement certaines », constatent les analystes de Ebury, qui attendent désormais une nouvelle coupe en juin, avec un total de trois réductions additionnelles des taux qui amèneraient le taux de dépôt à 1,5%.

Dean Turner, économiste en chef pour la zone euro chez UBS Global Wealth Management, souligne également dans une note d’analyse que « les responsables politiques tentent de trouver un équilibre entre les impulsions expansionnistes — comme les préoccupations liées à la croissance, à l’inflation et aux conflits commerciaux en cours — et les développements plus restrictifs, surtout en ce qui concerne la politique budgétaire, avec un accent particulier sur l’Allemagne ».

L’analyste prévoit « une nouvelle réduction en juin, avec la possibilité de mesures de stimulation supplémentaires au cours de l’année, en fonction de l’évolution des négociations commerciales ».

Du côté de Xtb, une analyse souligne que cette décision est survenue « conformément aux attentes du marché », dans un « contexte d’incertitude provoquée par la guerre commerciale, ce qui a amené la BCE à réviser à la baisse ses prévisions de croissance ».

Quant au institut allemand Ifo, il a exprimé son soutien à la réduction des taux décidée aujourd’hui, avec le président de l’institut, Clemens Fuest, affirmant que « la politique tarifaire imprévisible du président des États-Unis, Donald Trump, a récemment augmenté le risque d’une récession économique » et que « parallèlement, le risque d’inflation diminuera probablement », selon un communiqué.

Fuest est convaincu que les principales raisons de ce scénario sont la récente appréciation de l’euro par rapport au dollar américain, la baisse du prix du pétrole et l’augmentation de l’offre de produits en provenance de Chine à la suite de la politique tarifaire américaine. Dans ce contexte, « la décision de la BCE de réduire encore davantage les taux d’intérêt est la bonne ».

La BCE a annoncé aujourd’hui la décision de réduire les taux directeurs de 25 points de base, reconnaissant que les « perspectives de croissance [de la zone euro] se sont détériorées en raison des tensions commerciales croissantes ».