Lors de la réunion publique de l’exécutif municipal, mercredi, la proposition de reconnaissance de ces trois établissements par la direction PSD/CDS-PP a été approuvée à l’unanimité et doit maintenant être soumise à une consultation publique, pendant une période de 20 jours ouvrables.
La même proposition inclut également des décisions défavorables à la reconnaissance en tant que Lojas com História pour deux établissements, la Leitaria Pastelaria Eneri, dans la paroisse de Misericórdia, et la Leitaria da Anunciada, à Santo António. Ce point a été approuvé avec les votes contre du BE et l’abstention du PS, de Livre et des Citoyens pour Lisbonne (élus par la coalition PS/Livre).
Le conseiller PS Pedro Anastácio a déploré le manque de développement du programme Lojas com História, souhaitant inclure « de nouvelles réponses » dans le cadre de la reconnaissance des établissements de la ville.
De plus, les conseillers de Livre, du BE et du PCP ont défendu la nécessité de revoir le règlement de ce programme municipal, afin de protéger effectivement les établissements historiques et que les critères de distinction soient plus larges.
En réponse, le conseiller à l’Économie, Diogo Moura (CDS-PP), a indiqué que dans le cadre de la mise à jour du règlement, la principale modification prévue concerne les critères afin de faciliter la reconnaissance de plus d’établissements, précisant qu’il est aussi nécessaire de modifier la loi du Nouveau Régime du Bail Urbain (NRAU) pour sauvegarder la continuité des contrats de bail des Lojas com História.
Dans ce contexte, la situation de l’établissement Ginjinha Sem Rival, classé comme Loja com História et en risque de fermeture car le propriétaire ne souhaite pas renouveler le contrat de bail, a été abordée.
Nuno Gonçalves, l’un des responsables de Ginjinha Sem Rival, existant depuis plus de 130 ans dans la rue des Portas de Santo Antão, dans la paroisse de Santa Maria Maior, a profité de la période d’intervention publique lors de la réunion de la mairie pour exposer la situation, mentionnant qu’une récente lettre du propriétaire exprimait le refus de renouveler le contrat de bail.
Selon Nuno Gonçalves, le propriétaire, une société étrangère, prétend que la présence de Ginjinha Sem Rival « nuirait au fonctionnement de l’hôtel qui est dans le même bâtiment, ce qui n’est pas vrai, » car l’établissement « ne gêne aucun projet, au contraire, il valorise l’espace, différencie le bâtiment, attire la vie, la culture et le tourisme ».
Indiquant que l’établissement paie un loyer de 2 510 euros par mois pour un espace de 10 mètres carrés, Nuno Gonçalves, arrière-petit-fils du fondateur de Ginjinha Sem Rival, a déclaré que le magasin « ne peut pas changer de lieu » car « son identité est dans ces murs, ce sol, cet endroit », appelant la mairie à trouver une solution pour « éviter une perte irréparable pour la ville ».
En réponse, le conseiller Diogo Moura, qui suit la situation et reconnaît l’importance de cette boutique pour la ville, a annoncé qu’une réunion aurait lieu la semaine prochaine avec les parties concernées, où la mairie jouera un rôle de médiation pour trouver un consensus, précisant que la question n’est pas le montant du loyer, mais de maintenir l’activité à cet endroit.
Créé en 2016, le programme municipal Lojas com História vise à soutenir et promouvoir le commerce traditionnel local comme marque identitaire de la ville de Lisbonne, par la reconnaissance publique des établissements aux caractéristiques uniques et différenciatrices de l’activité économique, de leur patrimoine matériel et immatériel.