La CGTP avertit que le ‘chômage partiel simplifié implique des « pertes salariales significatives »

La CGTP avertit que le 'chômage partiel simplifié implique des "pertes salariales significatives"

Dans une première réaction aux mesures annoncées par le gouvernement pour répondre aux dégâts causés par la dépression Kristin, le syndicat souligne que les mesures ne sont pas encore réglementées, « de sorte que de nombreux détails restent à clarifier », admettant ainsi qu’il est « difficile d’évaluer ».

Néanmoins, la CGTP critique certaines des mesures annoncées, rappelant dans un communiqué que certaines « ne constituent pas véritablement des nouveautés et ont déjà été adoptées lors d’autres situations d’urgence ».

« L’option pour les situations de chômage partiel nuit aux travailleurs car elle implique des pertes salariales significatives », indique-t-elle, défendant que tous les travailleurs dont les postes ont été affectés « devraient conserver le droit au paiement intégral de leur rémunération, que l’entreprise opte pour le chômage partiel ou toute autre mesure ».

Par ailleurs, elle considère que l’exonération des cotisations à la Sécurité sociale ne doit pas être utilisée « comme un instrument de soutien aux entreprises, au détriment de la durabilité du système, et que les soutiens doivent être transférés directement du budget de l’État ».

Pour le syndicat dirigé par Tiago Oliveira, les entreprises qui bénéficient de soutiens publics pour leur reprise et la relance de leur activité « devraient être interdites de procéder à la résiliation des contrats de travail, sous quelque forme que ce soit, pendant la période de concession du soutien et par la suite pendant une longue période ».

En même temps, la CGTP affirme que les soutiens directs aux personnes et aux familles « doivent reposer sur des conditions claires, tenir compte de la taille et de la composition des ménages, et avoir des montants qui permettent la survie décente de tous ».

À cet égard, le Premier ministre a annoncé dimanche que les familles en situation de besoin ou de perte de revenu pourront accéder à des soutiens de la Sécurité sociale allant jusqu’à 537 euros par personne ou 1 075 euros par ménage.

« (..) l’adoption de ce type de mesures s’est toujours caractérisée par un grand déséquilibre et une disproportion claire entre les ressources mises à disposition des entreprises et les soutiens fournis aux travailleurs et aux familles, avec l’aggravation d’un favoritisme envers les grandes entreprises par rapport aux micro et petites entreprises ayant beaucoup plus de difficultés à faire face aux dommages et aux préjudices résultant de catastrophes », conclut la CGTP, dans la même note.

Le passage de la dépression Kristin sur le Portugal continental, mercredi, a causé au moins cinq morts, selon la Protection civile, ainsi que plusieurs blessés et déplacés. La mairie de Marinha Grande enregistre également une autre victime dans la commune. Samedi, deux autres hommes sont morts après être tombés d’un toit qu’ils réparaient, l’un dans la commune de Batalha et l’autre à Alcobaça. Dans la nuit de dimanche, un homme est mort dans la commune de Leiria par intoxication au monoxyde de carbone provenant d’un générateur.

Chutes d’arbres et de structures, coupures ou perturbations des routes et services de transport, en particulier des lignes ferroviaires, fermeture d’écoles et coupures d’électricité, d’eau et de communications sont les principales conséquences matérielles de la tempête.

Leiria, par où la dépression est entrée sur le territoire, Coimbra et Santarém sont les districts qui enregistrent le plus de dégâts.

Le gouvernement a décrété l’état de calamité, qui a été prolongé ce dimanche, après une réunion du Conseil des ministres, jusqu’au 08 février.