La CESP affirme que la révision de la législation est un « assaut contre les droits de ceux qui travaillent ».

La CESP affirme que la révision de la législation est un "assaut contre les droits de ceux qui travaillent".

Dans un communiqué, la structure a déclaré que le gouvernement, « au lieu de prendre des mesures pour répondre aux nombreuses difficultés de ceux qui travaillent et ont travaillé, propose un ensemble de mesures qui condamnent les travailleurs à la précarité dans le travail et dans la vie, et à recevoir des salaires de misère ».

Selon le CESP, « au lieu d’abroger les normes défavorables qui existent déjà dans la législation du travail et qui nuisent tant aux travailleurs », l’exécutif « présente un paquet de mesures de travail qui constitue une attaque contre les droits de ceux qui travaillent et une offense à la Constitution de la République portugaise ».

D’après le syndicat, « la réalité des travailleurs du secteur est aujourd’hui caractérisée par des tentatives de blocage des employeurs aux droits des travailleurs », soulignant qu' »ils ne veulent pas négocier sérieusement les contrats collectifs de travail et conditionnent les augmentations salariales à un échange de droits ».

Le CESP a souligné des tentatives de contraindre « les travailleurs à travailler deux heures de plus par jour gratuitement; de ne pas payer correctement les jours fériés, les dimanches, et de retirer les primes d’ancienneté aux travailleurs », ainsi que des tentatives de « limiter l’intervention syndicale sur les lieux de travail et de réduire au silence les dirigeants et délégués syndicaux ».

Selon le syndicat, en ce qui concerne les horaires de travail, le projet de loi prévoit une dérégulation accrue « avec la restitution intégrale du compte épargne-temps individuel et collectif pour faciliter davantage sa mise en œuvre ».

Pour le CESP, les propositions représentent « l’offensive patronale et gouvernementale contre l’intense lutte menée par les travailleurs de la distribution, qui n’ont pas accepté et n’acceptent pas le compte épargne-temps », critiquant aussi la proposition de « retirer le droit des mères et pères avec des enfants jusqu’à 12 ans, en situation de handicap ou de maladie chronique, à l’horaire flexible, la révocation du droit au temps de deuil gestationnel et la limitation à deux ans du droit à l’horaire réduit pendant l’allaitement ».

Concernant la négociation collective, le syndicat a assuré que le gouvernement veut « faciliter la procédure de la fin des conventions collectives de travail (CCT) et des droits des travailleurs, il suffirait de laisser passer quatre ans après l’entrée en vigueur pour que la CCT expire ». De plus, il a regretté que « le gouvernement veuille donner au patron la possibilité de choisir quelle CCT appliquer dans son entreprise, en violant le principe de l’affiliation syndicale ».

À propos de la précarité, le CESP a indiqué que dans la proposition du gouvernement, « les raisons justifiant la création de contrats de travail à durée déterminée augmentent », avec une prolongation de leur durée pleinement définie ou indéfinie.

Le syndicat signale aussi les licenciements, avec les propositions présentées visant à « fragiliser le droit de défense des travailleurs », suggérant que les entreprises de moins de 250 travailleurs « ne soient plus obligées de prouver les accusations, d’entendre les témoins des travailleurs et de tenir compte de l’avis du syndicat qui les représente ».

Enfin, sur la liberté syndicale et le droit de grève, les mesures gouvernementales veulent freiner « l’entrée et l’action des syndicats sur les lieux de travail où il n’y a pas de travailleurs syndiqués, en supprimant le droit de se réunir et d’afficher des informations syndicales ».

« Le gouvernement et les patrons ont pour objectif de rendre difficile l’organisation des travailleurs dans les syndicats, notamment ceux de la CGTP-IN », a conclu le syndicat.

Le projet de réforme de la législation du travail approuvé par le gouvernement, qui sera encore négocié avec les partenaires sociaux, prévoit la révision de « plus d’une centaine » d’articles du Code du travail.