« L’année où le moins d’oiseaux ont été secourus était 2012, avec environ 1 800, mais, par exemple, en 2022, nous avons eu environ dix mille. En 2024, nous avons eu 6 388, soit presque 6 400 oiseaux secourus. […] Nous pouvons facilement parler de plus de 100 000 oiseaux secourus depuis le début de la campagne », a déclaré aujourd’hui à l’agence Lusa le directeur régional des Politiques Maritimes.
D’après le responsable, la campagne SOS Cagarro, qui se déroule depuis 30 ans dans l’archipel des Açores, « implique citoyens et entités » dans le sauvetage de cet oiseau marin.
L’édition de cette année de SOS Cagarro démarre mercredi et se poursuivra jusqu’au 15 novembre, avec pour objectif de renforcer l’implication des citoyens grâce à diverses initiatives de sensibilisation.
« Cette année, nous souhaitons mettre l’accent sur l’action citoyenne. En somme, la sensibilisation à la connaissance de cet oiseau qui est un ’emblème’ régional, afin que les personnes sensibilisées puissent rejoindre cet effort pour sauver cet oiseau », a-t-il affirmé.
Dans divers lieux sur plusieurs îles, tels que les commissariats de la Police de Sécurité Publique (PSP), les postes de la Garde Nationale Républicaine (GNR) ou les casernes de pompiers, des boîtes spéciales sont mises à disposition pour que les citoyens puissent secourir les oiseaux éblouis par l’éclairage artificiel.
« À la fin de la journée, les oiseaux effectuent leur premier envol et quittent le nid pour se nourrir, mais sont éblouis par la lumière artificielle. Ils se retrouvent désorientés, ce qui les amène sur les routes, les terrains de football ou les ports de pêche, des zones où la lumière artificielle est fortement concentrée », explique le directeur régional.
Ces boîtes possèdent un code QR permettant d’obtenir un ensemble d’informations sur le sauvetage et de « cartographier les zones les plus propices » à la chute des oiseaux, a ajouté Rui Martins.
En plus d’une ligne téléphonique pour aider ceux qui ont secouru un cagarro (800 292 800), environ 74 points de collecte, « communément appelés hôtels du cagarro », sont répartis dans tout l’archipel, que ce soit des commissariats, des mairies ou des cafés.
Grâce à ces boîtes, les citoyens peuvent sauver le cagarro et le libérer le matin suivant près de la mer, dans une zone sans obstacles, ou laisser l’oiseau à l’un des points de collecte.
« Tous les matins, les brigades du Parc Naturel de l’île inspectent les points identifiés, et les oiseaux sont généralement pesés, bagués et ensuite relâchés », a-t-il dit.
Plusieurs brigades de sauvetage nocturne des cagarros et des actions de sensibilisation sont également organisées dans les écoles et bibliothèques de la région.
« Il y a une forte implication citoyenne. C’est une combinaison d’efforts entre le Parc Naturel, les citoyens ordinaires et les associations civiques, qu’elles soient non-gouvernementales ou environnementales », a souligné le responsable.
La campagne SOS Cagarro est née d’une initiative du scientifique Luís Monteiro (1962-1999), dans le but de préserver cet oiseau marin.
« Nous voulons sensibiliser les gens au fait que nous avons un oiseau emblématique au niveau régional, car 75% nidifient aux Açores et reviennent chaque année sur nos îles. Ils vivent environ 42 ans et reviennent généralement nicher à l’endroit où ils sont nés, sur la même île », a conclu Rui Martins.
