Les marchés et les analystes prévoient que la BCE maintienne le taux d’intérêt des dépôts bancaires à 2 %, un niveau considéré neutre pour la zone euro, c’est-à-dire qu’il ne stimule ni ne freine la croissance économique.
Cette réunion de la BCE se tient après la nouvelle chute d’un gouvernement en France lundi et l’intensification des guerres de la Russie en Ukraine, avec l’attaque en Pologne, et au Moyen-Orient, avec l’attaque d’Israël sur le territoire du Qatar.
Luke Bartholomew, économiste en chef adjoint d’Aberdeen Investments, affirme que compte tenu de la quasi-certitude que la BCE va maintenir les taux inchangés, « les principales préoccupations des investisseurs seront de savoir quels signes la BCE donnera sur la trajectoire future des taux et comment sa politique pourrait interagir avec la situation politique en France ».
Martin Wolburg, économiste senior de Generali AM, considère que le processus de désinflation se poursuit et s’attend à ce que l’inflation générale se stabilise en dessous de 2 %.
Luke Bartholomew soutient que « le cycle de baisse des taux est terminé et, s’il y a un changement, le plus probable sera une hausse et non une baisse, bien que cela ne se produise que dans un avenir lointain, lorsque l’assouplissement budgétaire de l’Europe commencera à se faire sentir ».
La croissance de la zone euro est très faible mais pourrait se redresser au quatrième trimestre grâce aux mesures de relance budgétaire de l’Allemagne, aux effets des baisses de taux d’intérêt opérées par la BCE et à une certaine reprise du secteur industriel, bien qu’elle puisse également ne pas se concrétiser.
L’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) a réduit un facteur d’incertitude, mais la guerre de la Russie contre l’Ukraine s’est intensifiée après l’attaque en Pologne et aussi au Moyen-Orient, après l’attaque d’Israël sur le territoire du Qatar.
La crise politique en France continue en raison du rejet des ajustements budgétaires, qui affichent un déficit d’environ 5 % du produit intérieur brut (PIB) depuis 2010.
Chaque Français présente un déficit annuel de 2.400 euros et une dette de 55.000 euros, selon les données de l’économiste du Centre de recherche économique européenne (ZEW), Friedrich Heinemann, qui est également professeur à l’Université de Heidelberg, dans l’ouest de l’Allemagne.
Le rejet des coupes budgétaires de 44 milliards d’euros a provoqué la chute du gouvernement de François Bayrou, qui sera remplacé par le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu.
La France est plongée dans une grande instabilité politique depuis un certain temps, avec la nomination de cinq Premiers ministres en moins de deux ans et des manifestations violentes dans les rues.
« La France devrait économiser plus que ce que Bayrou avait prévu. Si la population et les politiciens en France nient ces réalités, ce sera dangereux, aussi pour la BCE », pour la stabilité de l’euro et la solvabilité de l’Europe, a averti Heinemann.
Mais, pour l’instant, la réaction des marchés a été modérée, probablement parce qu’ils prévoient que la BCE interviendra et achètera de la dette souveraine française sur le marché secondaire, si la prime de risque française s’emballe, bien que la France ait un processus de déficit en cours.
Mardi, l’euro a failli atteindre 1,18 dollar, bien qu’il soit ensuite redescendu à 1,17 dollar, malgré l’augmentation des prévisions selon lesquelles la Réserve fédérale (Fed) réduira ses taux d’intérêt de 50 points de base la semaine prochaine, en raison d’un marché de l’emploi plus faible que prévu.
La BCE publiera de nouvelles prévisions macroéconomiques d’inflation et de croissance. En juin, les économistes de la BCE prévoyaient une croissance de 0,9 % en 2025, 1,1 % en 2026 et 1,3 % en 2027, avec une inflation de 2 % en 2025, 1,6 % en 2026 et 2 % en 2027.
