Jugés 37 accusés d’appartenir au réseau de trafic de Pasteleira

Dans la matinée, le principal accusé, soupçonné d’être le chef de ce réseau et connu sous le pseudonyme de ‘Crilim’, a choisi de ne pas fournir d’explications. Une des accusées a admis avoir prêté sa maison à deux des accusés pour y stocker de la drogue, expliquant qu’elle avait été menacée pour le faire.

L’après-midi, qui a débuté avec une heure de retard, a vu la comparution de plusieurs autres accusés. Ceux-ci ont avoué s’être livrés au trafic de stupéfiants, tout en niant tout lien avec le principal accusé ou le réseau supposé.

Une des accusées entendue dans l’après-midi était une ancienne compagne du prétendu chef du réseau ‘Pica-pau/Picolé’. Elle a souhaité témoigner hors de la présence des autres accusés, justifiant sa demande par « la peur de représailles ».

« Je n’avais rien à reprocher au début de notre relation, je ne savais pas qu’il y avait du trafic (…) J’ai commencé à remarquer que son style de vie ne correspondait pas, il y avait des dépenses exorbitantes en dîners et motels presque tous les jours. Il disait que l’argent provenait d’une cave et d’un garage, ce que j’ai découvert plus tard n’était pas vrai », a-t-elle raconté.

Et de poursuivre: « Il a ensuite avoué être impliqué dans le trafic, mais il a ouvert un garage et a laissé le trafic. Puis est venue la COVID, nous avons dû tout fermer et il est revenu au trafic (…), mais le ‘Pica-pau’ n’était jamais à lui, c’était à son frère, lui s’occupait du ‘Picolé' ».

D’après cette accusée, son ex-compagnon « avait quelques personnes qui travaillaient pour lui », parmi lesquelles certains des accusés.

« J’ai vécu avec lui pendant quatre ans et j’ai entendu beaucoup de choses », a-t-elle ajouté, précisant qu’ils « trafiquaient de l’héroïne et de la cocaïne ».

La femme a indiqué que « la drogue était stockée dans des maisons du quartier », sans savoir précisément par qui.

« Il y avait toujours beaucoup de turn-over chez les collaborateurs, des horaires, des gérants, et j’ai fait de petites courses », a-t-elle déclaré.

D’après l’accusée, l’ex-compagnon « n’était pas un bon compagnon, mais était un père exceptionnel » et, pour cette raison, « n’a jamais voulu » qu’elle s’implique dans le trafic, se contentant de « recevoir et de livrer » de l’argent.

Selon l’accusation, le réseau supposé, qui opérait dans le quartier de Pasteleira, fonctionnait de manière « très organisée »: il existait des horaires de travail établis (de 07h00 à 15h00 et un autre jusqu’à minuit), une hiérarchie définie et des fonctions attribuées, et même un système de promotion ou rétrogradation basé sur la performance.

À la fin de la journée, les gains étaient remis à l’accusé désigné comme chef du groupe ou à sa compagne, elle aussi accusée, l’accusation soulignant que « les accusés faisaient particulièrement attention à l’utilisation des équipements téléphoniques, leur usage étant réduit à l’essentiel et toujours évité autant que possible ».

Le Ministère Public souligne que le réseau utilisait plusieurs habitations dans l’un des quartiers de Porto pour stocker des stupéfiants et l’argent de la vente, certaines maisons servant également de cachettes pour échapper aux autorités.

Sur les 37 accusés, quatre sont en détention provisoire pendant le déroulement du procès, et le prétendu leader du ‘Pica-pau/Picolé’ purge actuellement une peine de prison dans le cadre d’une autre affaire.

Le procès reprendra jeudi avec le témoignage de l’ancienne compagne du prétendu chef du réseau.