Jeune agressé en prison ? Sa mère dépose une plainte, les gardiens invoquent la « désobéissance ».

Jeune agressé en prison ? Sa mère dépose une plainte, les gardiens invoquent la "désobéissance".

Depuis le 9 novembre, Carla [nom fictif] vit avec une grande inquiétude. Cette femme, dont le fils de 19 ans est détenu au centre pénitentiaire de Leiria (dans l’unité des Jeunes), affirme que le prisonnier a été victime d’agressions de la part des gardiens de la prison et accuse l’établissement de tenter de dissimuler la situation.

 

Carla a déjà porté plainte et assure que “tout le monde devra répondre devant la justice”.

Les agressions alléguées

D’après les informations obtenues par le Notícias ao Minuto, le jeune homme concerné est détenu depuis mars dernier pour des « rixes de quartier ».

Durant environ sept mois de détention, il affirme avoir été agressé à plusieurs reprises, la plus grave de toutes ayant eu lieu au début de ce mois.

Les faits auraient été témoins par sa tante, présente sur place dans le cadre de la visite hebdomadaire à laquelle elle a droit. Selon son propre récit, alors qu’elle se préparait à quitter les lieux après la rencontre avec son neveu, elle a entendu un bruit sourd et quelqu’un crier « Tata, tata, ils me frappent, tata, ils me frappent! ». La femme n’a pas douté qu’il s’agissait de son neveu et n’est pas sortie de l’établissement sans vérifier ce qui se passait.

La tante a confronté un gardien qui s’était absenté au moment où elle a entendu le bruit, puis a interrogé un autre gardien pour avoir des explications sur les faits. La réponse a été la même à chaque fois : “ce n’est rien” ou “vous avez mal entendu”.

La plainte et les accusations de dissimulation

La tante du jeune homme n’est pas sortie de la prison de Leiria sans déposer une réclamation, moment où elle mentionne que “tous les gardiens étaient déjà sans identification, pour ne pas montrer les noms des employés présents”.

« Les gardiens présents lors de l’incident initial n’avaient pas d’identification visible, ce qui rend impossible de savoir qui était en service lors de l’agression”, dénonce la famille, accusant l’établissement d’agression physique et de tentative de dissimulation de la part des employés de la prison. 

La PSP de Leiria confirme que les autorités ont été appelées au centre pénitentiaire le jour de l’agression « vers 17h10 ». Sur place, cette autorité rapporte « des agressions alléguées envers un jeune prisonnier à l’intérieur de cet établissement ». La PSP confirme également que “personne n’a été désigné […] comme suspect des agressions physiques alléguées”.

La PSP a enregistré « l’incident, procédant à la conservation et à la maintenance de tout moyen de preuve éventuel, envoyant les documents au ministère public de Leiria, à qui il revient d’instruire et de diriger l’enquête ».

La prison accuse le détenu de comportement désordonné

Le Notícias ao Minuto a contacté la Direction générale de l’insertion et des services pénitentiaires concernant la plainte. Cette entité confirme qu’il y avait « nécessité de recourir à des moyens coercitifs”, après que le détenu en question ait désobéi “à des ordres et injurié le personnel du corps de la garde pénitentiaire et endommagé des biens de l’État”, lorsqu’ils essayaient de le reconduire à sa cellule, le 9 novembre.

À la suite de cela, il est mentionné que le jeune détenu a été examiné par une infirmière le jour même et le lendemain « sans preuve de blessures ».

Interrogée sur la raison du besoin d’un suivi médical, la DGRSP précise que cela s’est fait dans le respect des dispositions du paragraphe 5 de l’article 95 de la loi n° 115/2009 du 12 octobre, qui stipule que « l’utilisation de moyens coercitifs est obligatoirement suivie d’un examen médical ».

Ces examens, souligne l’entité, ont conclu « sans preuve de lésions ». Une explication qui est réfutée par la famille du détenu.

La prison rappelle la surveillance. La mère affirme que les agressions sont récurrentes

Selon Carla, depuis l’incident, son fils “appelle tous les jours pour se plaindre de douleurs à la poitrine et à la tête. Il ne peut pas tourner la tête et a des contusions sur le corps et le visage”.

La femme assure également que son fils avait déjà été agressé auparavant, l’alerte ayant alors été donnée par un codétenu qui l’a contactée pour lui raconter les détails de l’incident. 

Dans ce cas, une fois de plus, la mère est restée sans réponse et, note-t-elle, simplement avec la promesse, de la part de l’administration de la prison, que « son fils va subir les conséquences et qu’il ne sera pas le seul ».

En réponse à ces dénonciations, la DGRSP rappelle qu’elle “est un organisme de l’État constamment surveillé au niveau interne et externe, faisant l’objet de visites, d’audits et de rapports permanents réalisés par le Médiateur de la Justice, l’Inspection générale des services de justice, le Comité contre la torture des Nations Unies, le Comité pour la prévention de la torture du Conseil de l’Europe, la Cour européenne des droits de l’homme, entre autres”.

De plus, elle souligne « que toutes les infractions disciplinaires font l’objet des procédures appropriées et des sanctions légales subséquentes » et certifie que les intervenants dans l’incident étaient dûment identifiés contrairement à ce qu’affirme Carla.

La mère veut faire valoir les droits de son fils

Carla rappelle que, même s’il est détenu, son fils “n’en reste pas moins avec des droits et devoirs” et garantit qu’en tant que « mère et représentante légale », elle fera « valoir ses droits ».

« Ils font ce qu’ils veulent et ce sont toujours les détenus qui sont punis », déplore cette mère, qui accuse l’établissement pénitentiaire de Leiria de « mentir pour ne pas assumer les conséquences » et pour « s’en tirer à bon compte ».