« Lors de nos discussions à Houston [États-Unis, le 29 octobre], avec ExxonMobil, il est apparu clairement qu’il suffit de relancer le projet de Total [qui prévoit le partage des infrastructures] pour qu’ils commencent aussi à travailler avec nous, afin que d’ici le milieu de l’année prochaine, au plus tard en juin/juillet, une décision d’investissement de la part d’Exxon puisse être prise », a annoncé le chef de l’État, à propos de ce méga-projet de la compagnie pétrolière américaine, estimé à 30 milliards de dollars (25,9 milliards d’euros).
Cette position a été exprimée lors de l’ouverture de la XXe Conférence Annuelle du Secteur Privé (CASP), à Maputo, rappelant que les projets de production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Mozambique dépassent les 50 milliards de dollars (43,2 milliards d’euros).
Il avait déjà été rapporté ce mois-ci qu’ExxonMobil envisage de suivre TotalEnergies dans le projet Rovuma LNG, l’un des plus importants en Afrique, après que le géant français a levé la ‘force majeure’ sur ce méga-projet de gaz au Mozambique, en raison de l’amélioration des conditions de sécurité à Cabo Delgado.
« Total vient de lever son cas de ‘force majeure’. Nous analysons et essayons de faire de même, c’est pourquoi je dirais que le projet progresse maintenant et nous en sommes très satisfaits (…) et nous travaillons en étroite collaboration avec Total dans ce sens », a déclaré Darren Woods, directeur exécutif de l’entreprise pétrolière américaine, lors d’une conversation téléphonique avec des investisseurs, le 31 octobre, depuis le Texas, États-Unis.
Selon les déclarations de Woods lors de cet appel, pour la présentation des résultats du troisième trimestre, la situation du méga-projet d’ExxonMobil, encore dépendant de l’approbation de la FID, est « très bonne en ce moment » et les relations avec le gouvernement mozambicain « sont très solides ».
Il a également ajouté que « la situation sécuritaire s’est considérablement améliorée », en faisant allusion aux attaques terroristes enregistrées à Cabo Delgado depuis huit ans et qui ont conduit TotalEnergies à activer la clause de ‘force majeure’ en 2021 pour suspendre la construction du complexe à Afungi, qui partagera des infrastructures avec celui d’ExxonMobil, tous deux sur terre, opérant à partir du bassin de Rovuma, au nord du Mozambique.
Le consortium, outre ExxonMobil, inclut également l’italien Eni et le chinois China National Petroleum Corporation (CNPC), qui détiennent une participation de 70% dans le Contrat de Concession d’Exploration et de Production de l’aire 4.
ExxonMobil avait auparavant prévu l’approbation de la FID pour fin 2025, puis début 2026, avec le début de l’exportation de GNL en 2030, avec une capacité projetée pour l’aire 4 du bassin de Rovuma de 18 millions de tonnes par an (mtpa), la plus grande projetée en Afrique.
Pour sa part, le projet de l’aire 1, de 20 milliards de dollars (17,3 milliards d’euros) et dirigé par TotalEnergies, actuellement en phase de reprise après quatre années, envisage le début des livraisons de GNL en 2029 avec une capacité de 13 mtpa.
Actuellement, mais dans l’offshore du même bassin, le consortium dirigé par la compagnie pétrolière italienne Eni produit déjà, via la plateforme flottante Coral Sul, environ sept mtpa, lancée en 2022. Ce consortium a signé en octobre dernier la FID pour la deuxième plateforme de ce type, la Coral Norte, qui va doubler la production de GNL à partir de 2028, ici avec un investissement de 7,2 milliards de dollars.
En 2024, une étude du cabinet de conseil Deloitte a conclu que les réserves de gaz du Mozambique représentent des recettes potentielles de 100 milliards de dollars (96,2 milliards d’euros).
Rien que cette année, avant même l’entrée en fonction des autres opérations, la production gazière mozambicaine est estimée à 5,4 milliards de mètres cubes, faisant du pays le sixième producteur le plus important d’Afrique.
