ERSE « gèle » l’investissement de REN dans le réseau de gaz pour freiner les coûts

ERSE "gèle" l'investissement de REN dans le réseau de gaz pour freiner les coûts

Dans son avis sur la proposition du Plan Décennal Indicatif de Développement et d’Investissement (PDIRG 2025) de REN Gasodutos, l’ERSE propose un scénario alternatif qui réduit l’investissement prévu pour le premier quinquennat de 163,2 millions d’euros à 92,7 millions, « cherchant à refléter les commentaires reçus lors de la consultation publique et l’incertitude de l’évolution de la demande future de gaz et de l’offre de gaz décarbonés », tels que le biométhane.

Selon le régulateur, cette réduction permet « d’assurer des impacts tarifaires annuels moyens nuls ou réduits (+0,0 points de pourcentage (p.p.) à +0,1 p.p.) » sur les prix de vente aux clients finaux entre 2025 et 2030.

L’ERSE justifie la révision à la baisse avec l’objectif de « garantir que le PDIRG 2025, une fois mis en œuvre, présente des niveaux d’investissement, entre 2026 et 2028, de la même ordre de grandeur que ceux qui sont entrés en exploitation ces trois dernières années (2022 à 2024) ».

La REN pourra revoir, ou non, sa proposition avant de la soumettre au gouvernement, qui a le dernier mot sur les investissements dans le réseau de gaz, étant donné que l’infrastructure est concédée par l’État.

De plus, comme le souligne l’ERSE dans l’avis publié vendredi soir, « l’examen du prochain PDIRG, à présenter en 2027, constituera une nouvelle opportunité pour revenir sur l’évolution des investissements à réaliser, notamment entre 2028 et 2030 ».

Le régulateur conditionne également la réalisation des projets d’adaptation du réseau de transport et du stockage souterrain de Carriço à des mélanges d’hydrogène jusqu’à 10%, exigeant « la garantie de leur viabilité en termes d’interopérabilité avec les consommateurs et les opérateurs des réseaux adjacents ».

Le stockage souterrain de Carriço, situé dans la commune de Pombal, est la principale infrastructure de stockage souterrain de gaz naturel au Portugal.

Par ailleurs, l’ERSE recommande que la REN « recalendrise certains projets de base des trois infrastructures et investissements transversaux, ne prévoyant que ceux qui sont considérés comme réellement urgents, inévitables et dûment justifiés ».

L’avis souligne également l’importance des investissements dans « les réseaux de télécommunications de sécurité, notamment en ce qui concerne les questions de cybersécurité », ainsi que des initiatives contribuant à la décarbonisation du secteur du gaz naturel.

L’ERSE estime que cette révision « reflète un équilibre entre l’augmentation des montants consacrés aux projets de base, jugée nécessaire », et la nécessité de garantir que le secteur « reste compétitif et durable, sur la durée, pour tous ceux qui continueront à avoir besoin du gaz pour leur consommation et leur processus productif ».