ERC confirme avoir reçu une plainte visant la propriétaire de Brasil Já.

L’ERC (Entidade Reguladora para a Comunicação Social) a annoncé avoir reçu, ce mardi, une plainte d’un citoyen visant l’entreprise Tarefaprazível, Lda, propriétaire de la publication périodique BRASIL JÁ, a indiqué cette entité en réponse à des questions posées par Lusa.

Selon l’ERC, cette plainte concerne des clauses dans les contrats de prestation de services conclus avec des journalistes pigistes et une prétendue opération de vente de la publication.

Selon des journalistes de la publication contactés par Lusa, qui ont souhaité conserver l’anonymat, il s’agit de contrats limitant leurs droits et la libre pratique de leur profession, ainsi qu’une vente suspecte.

Tarefaprazível, Lda est une entreprise appartenant à des proches du député brésilien du Parti des Travailleurs, Washington Quaquá, comme l’a confirmé à Lusa le directeur du projet lors de son lancement en janvier 2024.

Dans les réponses envoyées à Lusa, l’ERC explique que ses services « vont procéder à l’analyse des éléments qui lui ont été communiqués dans le cadre de ses attributions et compétences ».

La revue et le site BRASIL JÁ ciblent les immigrants lusophones, a expliqué à Lusa, à l’époque, le directeur de l’information de la publication, le journaliste brésilien Nonato Viegas Pereira.

Confirmant que le projet appartenait à l’entreprise familiale Tarefaprazível, avec pour actionnaires Gabriela Santos da Silva Lopes Siqueira (détenant 50%), épouse du député brésilien et un des fondateurs du PT – Parti des Travailleurs du Brésil Washington Quaquá, et Ione Cardoso Siqueira (50%).

« Elles possèdent au Brésil d’autres entreprises, aussi dans le domaine de la communication, et une maison d’édition », a précisé lors d’une interview à Lusa.

Le député du PT, parti du Président du Brésil, Lula da Silva, signait des articles d’opinion dans la publication mensuelle, où il était identifié comme sociologue et un des fondateurs de ce parti.

Cependant, le directeur de la publication a tenu à expliquer, à l’époque, que ce n’était pas le député Washington Quaquá qui était à la tête de l’affaire, puisqu’il passerait plus de temps dans son pays « en raison de son mandat de député du PT au Brésil », mais « l’entreprise, qui est familiale, compte aussi sur sa participation ».

« Une entreprise familiale, c’est cela, et c’est aussi quelque chose qui n’est pas secret », a-t-il souligné.

Les investisseurs, selon les déclarations du directeur du projet à l’époque, « ont amené leurs entreprises ici, pour investir ici, car ils ont perçu un secteur d’activité (…) pour les immigrés de langue portugaise, surtout les Brésiliens », a-t-il indiqué.

Selon les déclarations de Nonato Viegas en janvier 2024, les actionnaires lui ont dit, lorsqu’il a été invité à occuper le poste, que « l’objectif était de repartir à zéro », c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de but de réaliser des profits.

« Les actionnaires comprennent que le rôle d’un organe de communication sociale est de contribuer à la démocratie, à l’inclusion, à l’intégration, notamment celle des immigrés et des étrangers » et le profit vient pour eux d’autres entreprises, a-t-il alors affirmé.

Pour contrôler les coûts, le projet a démarré avec une petite rédaction, composée de seulement trois personnes salariées et un réseau plus large de collaborateurs et de pigistes, surtout au Brésil, au Portugal, mais aussi dans d’autres pays, a-t-il ajouté.