Élections. Les entrepreneurs veulent un investissement et une TVA réduite dans la réhabilitation.

Dans un contexte de « grande incertitude » nationale et internationale, les confédérations d’entreprises ont présenté aujourd’hui à Lisbonne un ensemble de propositions axées sur cinq grands thèmes, dans le but de « mettre à l’agenda électoral les véritables problèmes » du pays, a expliqué Francisco Calheiros, président de la Confédération du Tourisme du Portugal (CTP).

 

Francisco Calheiros parlait lors d’une conférence de presse représentant également la Confédération des Agriculteurs du Portugal (CAP), la Confédération du Commerce et des Services du Portugal (CCP), la Confédération des Entreprises du Portugal (CIP) et la Confédération Portugaise de la Construction et de l’Immobilier (CPCI).

Concernant l’axe du renforcement de la concertation sociale, les confédérations d’entreprises soulignent que le modèle portugais « est bien plus développé que dans d’autres pays européens », ce qui s’est avéré « une opportunité dans les moments difficiles ou lorsque des réformes plus profondes sont nécessaires », mais elles insistent sur le fait qu’il est essentiel de continuer le travail entrepris et de respecter les engagements déjà pris.

« Ce potentiel n’est pas toujours exploité par les gouvernements », a signalé le président de la CCP, en réponse aux journalistes, citant comme exemple le fait que des modifications de la législation du travail ont été discutées « directement au parlement sans d’abord passer par la concertation sociale ».

En ce qui concerne l’axe des investissements en infrastructures et du renforcement de la capacité productive, les entrepreneurs se concentrent sur « six thèmes », parmi lesquels le nouvel aéroport de Lisbonne, qui n’est pas seulement « une infrastructure fondamentale pour le tourisme », mais « une infrastructure nécessaire et obligatoire pour tout le pays », ainsi que l’investissement dans le chemin de fer « tant interne qu’externe », pour atteindre « le centre de l’Europe le plus rapidement possible », une « stratégie pour l’eau », et dans le logement.

« Inutile de faire des diagnostics. Jamais on a construit aussi peu qu’au cours des 10 dernières années », a souligné Francisco Calheiros, identifiant cela comme l’un des problèmes « les plus graves ». Dans ce cadre, les confédérations préconisent une augmentation de l’offre, tant publique que privée, mais soulignent que cela dépend d’un « environnement favorable à l’investissement ».

Sur le plan fiscal, les confédérations d’entreprises insistent à nouveau sur la nécessité de réduire la charge fiscale dans le cadre de l’impôt sur les sociétés, suggérant que le taux standard passe à 17 % « et celui des PME à 15 % », ainsi qu’une élimination des impositions autonomes.

« Les impositions autonomes ont représenté en 2023 quelque chose comme 624 millions d’euros », a indiqué le président de la CTP, affirmant que leur abolition « entraînerait une diminution de la charge fiscale pour les entreprises d’environ 2 % ».

Dans ce cadre, elles proposent également des modifications concernant la TVA, soulignant qu' »il est fondamental d’avoir un suivi constant et une étude de son évaluation », afin de réduire cet impôt « dans certains secteurs d’activité », ainsi qu’une TVA réduite sur les travaux de réhabilitation urbaine pour l’habitation et de donner « continuité » à la mise en œuvre des mesures prévues dans le paquet de simplification fiscale.

Dans ce cadre, le président de la CPCI a alerté qu’il y a « sept impôts » pesant sur le secteur immobilier, plaidant ainsi pour une réduction de la charge fiscale « qui serait essentielle » pour contrer la hausse des prix.

Concernant l’axe du marché du travail, les confédérations d’entreprises insistent sur la nécessité de revoir la législation du travail, soulignant que les dernières modifications « ont retiré de la flexibilité aux entreprises, notamment en ce qui concerne les mécanismes de recrutement et l’organisation du temps de travail ».

« Nous avons besoin d’une législation du travail différente, moderne et plus flexible », a souligné le président de la CTP. Il convient de rappeler que ce sujet devait être discuté prochainement dans le cadre de la concertation sociale, mais la chute du gouvernement a reporté sa discussion.

Enfin, comme cinquième axe, les confédérations exigent « une véritable réforme » de l’administration publique. « Nous avons besoin d’un État plus agile, moins coûteux et plus efficace », a souligné le président de la CTP, demandant également à ce que soit relancé le programme de simplification administrative, le simplex.

Lors de la conférence de presse, le président de la CIP a indiqué que, avec ces propositions, les confédérations d’entreprises veulent « forcer les partis » à discuter des « problèmes concrets » du pays, afin d’accélérer la croissance économique.

« Un de nos grands objectifs est de forcer les partis à discuter de ce qui importe réellement », a renforcé le président de la CAP.

« L’économie portugaise doit croître de 3 à 4 % pour rejoindre la moitié des pays les plus riches de l’Union européenne », a corroboré Francisco Calheiros, plaidant pour un « choc de productivité et de compétitivité » et ajoutant que ces propositions seront remises au gouvernement et aux autres partis politiques.