Draghi défend que l’accord UE-Mercosur peut atténuer les tarifs des États-Unis.

Draghi défend que l'accord UE-Mercosur peut atténuer les tarifs des États-Unis.

L’ancien président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a estimé aujourd’hui que l’accord avec le Mercosur pourrait soulager les exportateurs européens face aux tarifs douaniers de 15 % imposés par les États-Unis.

 

Lors de son discours à la conférence de haut niveau sur « Un an après le Rapport Draghi » concernant la compétitivité de l’Union européenne (UE), Draghi a indiqué que « l’accord Mercosur avec l’Amérique latine [Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay] peut offrir un certain soulagement aux exportateurs ».

En considérant que « l’Europe a commencé à réagir » face à la concurrence des États-Unis et de la Chine, tant par des accords commerciaux que par de nouveaux projets stratégiques pour les minéraux critiques, l’ancien Premier ministre italien a souligné cependant que la diversification en dehors du marché nord-américain « n’est pas réaliste à court terme ».

Les États-Unis, a-t-il rappelé, « absorbent environ trois quarts du déficit global de la balance des transactions courantes ».

La Chine, quant à elle, est devenue « un concurrent encore plus fort, tant sur les marchés tiers qu’à mesure que les tarifs douaniers américains détournent les flux, au sein du marché intérieur » de l’UE.

« Depuis décembre de l’année dernière, l’excédent commercial de la Chine avec l’UE a augmenté de près de 20 % », a rappelé Draghi.

L’ancien dirigeant de la BCE a également souligné que la capacité de réaction de l’Europe est limitée par ses dépendances, « même lorsque notre poids économique est considérable ».

Dans son rapport publié en septembre 2024 et commandé un an auparavant, Mario Draghi a estimé à 800 milliards d’euros les besoins annuels d’investissement supplémentaire dans l’UE face aux concurrents chinois et américains, soit l’équivalent de plus de 4 % du produit intérieur brut (PIB) communautaire et au-delà du Plan Marshall.

L’ancien président de la Banque centrale européenne a proposé, à cet effet, une émission régulière de dette commune dans l’UE, comme cela a été le cas pour faire face à la crise de la Covid-19, un investissement massif en défense, et une nouvelle stratégie industrielle communautaire.

Le rapport Draghi a défini trois priorités pour l’Europe : résoudre le déficit d’innovation dans les technologies avancées, tracer une voie de décarbonisation qui soutienne la croissance, et renforcer la sécurité économique.

L’UE a conclu en décembre 2024 un accord avec les pays du Mercosur, qui est en cours de ratification.