Douro. La défense du pilote affirme que l’enquête est « tendancieuse et partiale ».

Douro. La défense du pilote affirme que l'enquête est "tendancieuse et partiale".

Le rapport final du Bureau de prévention et d’enquête sur les accidents d’aéronefs et les accidents ferroviaires (GPIAAF), divulgué par l’agence Lusa, indique que la chute de l’hélicoptère n’a pas été causée par une défaillance technique ou des irrégularités de l’appareil, écartant également l’implication d’oiseaux dans l’accident.

Ces conclusions contredisent les versions précédemment présentées par le pilote, unique survivant, qui avait indiqué aux enquêteurs du GPIAAF avoir observé, avant l’accident, « un oiseau de taille moyenne » sur la même trajectoire de vol, obligeant à « un écart », et par son avocat qui avait pointé « une défaillance mécanique » comme cause de la chute de l’appareil dans les eaux du Douro.

Le rapport indique également que le pilote de l’hélicoptère de lutte contre les incendies, qui s’est écrasé dans la zone de Cambres, municipalité de Lamego, district de Viseu, causant la mort de cinq militaires de la GNR/Unité d’urgence de protection et de secours (UEPS), a violé l’altitude minimale et effectué des écarts de route.

Le GPIAAF soutient que « la décision du pilote dans le choix de la trajectoire de retour à la base » d’Armamar, district de Viseu, après l’annulation de la mission de lutte contre un incendie dans la municipalité de Baião, district de Porto, en survolant le fleuve Douro « à grande vitesse et à basse altitude, augmentant considérablement le risque du vol », a contribué à la chute de l’AS350 — Écureuil.

« Quant à la trajectoire de vol, elle est la même que celle utilisée par tous les pilotes de la base d’Armamar pour se rendre dans le sens indiqué au théâtre des opérations, n’existant aucun écart de trajectoire, ce qui est d’ailleurs bien précisé dans le rapport. Ce n’est pas la cause de l’accident », défend l’avocat Albano Cunha dans un communiqué envoyé à Lusa.

Selon le défenseur du pilote Luís Filipe Rebelo, « le GPIAAF tente de décrire la chute de l’hélicoptère comme une possible manœuvre ratée, soutenant ses conclusions par des études et des simulations réalisées par l’entreprise fabricante de l’appareil, Airbus ».

« Ce qui révèle le caractère biaisé de l’enquête, car, prévisiblement, le fabricant de l’aéronef ne serait pas celui qui pointerait un quelconque défaut de fabrication ou défaillance technique, alors que sont en cause la perte de 5 vies que nous déplorons beaucoup », mentionne l’avocat.

Pour la défense du pilote, également mis en examen dans le cadre d’une enquête pénale en cours et soumis à une mesure de coercition de suspension de fonctions, « le contenu du rapport n’a pas surpris par sa tendance à essayer de trouver une défaillance humaine pour justifier l’accident ».

Albano Cunha évoque d’éventuelles erreurs et incohérences dans l’enquête, concluant qu' »il est plus facile de mener une enquête de manière partielle et de suggérer la culpabilisation de l’unique survivant de cet accident », remettant en cause le travail du GPIAAF.

« Selon l’enquête, ‘il n’a pas été possible de tester le panneau des défaillances en raison de dommages importants’, ce qui nous cause une certaine stupéfaction, étant donné les conclusions rapportées. Il a été possible de tester, par le Bureau d’enquête sur les accidents français, les divers équipements dont disposait l’hélicoptère, mais il n’a pas été possible de tester le panneau des défaillances de l’appareil, ce qui semblait essentiel pour déterminer la cause de l’accident », indique le défenseur du pilote Luís Filipe Rebelo.

La défense ajoute qu’elle « dispose d’une équipe d’experts en fabrication des pièces analysées de l’appareil en question ».

« Dans la contestation du présent rapport, il demandera au GPIAAF la mise à disposition de tous les contacts et pièces endommagées, pour qu’ils puissent être analysés, afin de vérifier la véracité des conclusions tirées, pour qu’à l’avenir, on puisse éviter plus de tragédies comme celle qui s’est produite et pour que soit clarifiée la raison de l’accident qui a coûté la vie aux six personnes impliquées », lit-on dans le communiqué.