Selon les informations de la DGRSP communiquées à Lusa, seul l’un des gardiens inculpés n’a pas été suspendu de ses fonctions car il était déjà retraité. Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur le sujet.
Frederico Morais, président du Syndicat National du Corps de la Garde Pénitentiaire (SNCGP), a déclaré à Lusa que le gardien désormais retraité, mais toujours concerné par l’enquête, exerçait ses fonctions dans l’établissement pénitentiaire annexé à la Police Judiciaire (PJ). Il fait partie des sept gardiens de cette prison à avoir été inculpés.
Un gardien pénitentiaire a également été inculpé à l’hôpital-prison de Caxias (Oeiras, Lisbonne), un autre dans l’établissement pénitentiaire de Carregueira (Sintra, Lisbonne), et un à la Prison de Lisbonne (EPL).
Concernant l’un des gardiens inculpés, le syndicat n’a pas encore reçu d’informations officielles.
Parmi les treize détenus lors de l’opération Mercado Negro, on compte deux gardiens pénitentiaires, dont l’un a été libéré mercredi après-midi. C’est à l’initiative de la DGRSP, à la demande du syndicat, qu’il a été empêché de reprendre son service à l’EPL, a précisé Frederico Morais.
Le SNCGP, qui « applaudit la décision de la DGRSP » concernant les suspensions et l’ouverture de procédures disciplinaires, espère qu’une décision judiciaire empêchera le retour au service des gardiens inculpés en raison d’une possible interférence avec l’enquête, la suspension pour raisons disciplinaires étant limitée à 90 jours.
Pour le syndicat, les gardiens ne devraient être autorisés à reprendre leur service qu’une fois le processus conclu, a indiqué Frederico Morais.
Parmi les détenus se trouve également un agent de la Police de Sécurité Publique (PSP) du commissariat de Benfica, a indiqué à Lusa une source de cette police, précisant que cet agent reste en service et qu’aucun changement n’interviendra tant que des informations judiciaires sur les crimes pour lesquels il est accusé ne seront pas transmises à la PSP, ce qui permettrait de décider de l’ouverture éventuelle d’une procédure disciplinaire.
Treize personnes ont été arrêtées mercredi lors d’une opération de police dans les établissements pénitentiaires de Lisbonne, Alcoentre, Sintra et Funchal (Madère) pour des soupçons de facilitation de l’entrée de drogue dans les prisons, a déclaré la PJ.
Les suspicions portent sur la pratique de crimes de corruption active et passive, de trafic de stupéfiants, de trafic de substances et méthodes prohibées, de falsification de documents et de blanchiment d’argent, précise la Police Judiciaire (PJ) dans un communiqué.
L’opération visait « un projet criminel présumé, pratiqué, entre autres, par des gardiens pénitentiaires qui facilitent l’entrée de substances illicites dans les établissements pénitentiaires en échange d’avantages patrimoniaux », mentionne la PJ.
Dans le cadre de l’opération « Mercado Negro », 32 mandats de perquisition ont été exécutés, dont 14 à domicile et 18 hors domicile.
Au cours de l’opération, un laboratoire clandestin de production de drogues, fonctionnant exclusivement à cette fin dans un appartement à Lisbonne, a également été démantelé.
À la suite de l’opération policière, la ministre de la Justice, Rita Alarcão Júdice, avait indiqué mercredi à Évora que les gardiens pénitentiaires inculpés feraient l’objet d’une suspension et de procédures disciplinaires.
Également dans des déclarations aux journalistes, le directeur national de la PJ, Luís Neves, a jugé « intolérable que ceux qui purgent une peine aient accès à des produits stupéfiants et à des anabolisants », car cela « compromet la sécurité et la structure propre de chaque établissement pénitentiaire ».