Le ministère public (MP) a annoncé aujourd’hui que les deux personnes arrêtées ont été placées en détention provisoire et sont accusées de crimes d’assistance à l’immigration illégale, d’association pour l’assistance à l’immigration illégale, de recrutement de main-d’œuvre illégale, de trafic de personnes et de blanchiment d’argent.
Dans un communiqué, le MP a également indiqué qu’en plus des crimes présumés pour lesquels les détenus sont accusés, les autorités enquêtent sur des faits de corruption dans le secteur privé, de fraude fiscale et d’obtention de subventions, sous forme de tentative, et de falsification de documents.
Il s’agit de soupçons de paiements indus de divers entrepreneurs du secteur de la viande à des employés non administrateurs de deux entreprises de vente au détail et de distribution alimentaire pour leur accorder un traitement préférentiel dans les commandes de leurs produits.
L’opération Abatedouro enquête également sur les demandes de fonds communautaires pour la construction d’installations et l’acquisition de machines dans le secteur agricole, « en fournissant de fausses informations et/ou en envoyant des documents falsifiés », sans mentionner que certaines œuvres avaient déjà commencé et que certaines machines avaient déjà été acquises, ce qui empêcherait le financement, a avancé le communiqué.
Les soupçons portent également sur l’exploitation par un groupe de personnes et de sociétés de la « fragilité documentaire, sociale et économique de plusieurs citoyens originaires de pays tiers », a indiqué le MP.
Selon le communiqué, ces personnes, qui souhaitaient régulariser leur séjour au Portugal, ont accepté de travailler sans contrat formalisé, recevant une rémunération inférieure à celle pratiquée sur le marché pour les fonctions effectuées dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre, comme l’abattage, la préparation et la commercialisation de viande.
Il s’agit également des activités des sociétés commerciales et de leurs représentants, qui ont officiellement déclaré un objet social différent de celui qu’ils exercent effectivement – fourniture de main-d’œuvre à des sociétés dédiées à l’abattage, à la préparation et à la commercialisation de viande -, avec l’inscription de coûts fictifs dans la comptabilité.
Avec cette pratique présumée, ils ont cherché à annuler ou à dépasser le bénéfice résultant des revenus de cette activité, par la déduction indue de la TVA perçue sur les factures, et la réduction du montant du bénéfice imposable en matière d’IS, un montant d’environ huit millions d’euros étant en cause, a également souligné le ministère public.
Lors de l’opération, environ un demi-million d’euros, 70 chevaux, environ 60 moutons et dix véhicules ont été saisis.
Les faits investigués se sont déroulés depuis le 1er janvier 2019 et lors des perquisitions effectuées mercredi, trois magistrats du ministère public, des éléments de l’unité opérationnelle d’enquête et de prévention du Département central d’enquête et de poursuites pénales (DCIAP), des agents de la PSP et des inspecteurs de l’Autorité fiscale étaient présents.
Dans ces diligences, collaborent également des éléments de la GNR et des inspecteurs de l’Autorité pour les conditions de travail.