Des entrepreneurs proposent la fin des cinq tranches de l’IRS et de la surtaxe de l’IRC.

Des entrepreneurs proposent la fin des cinq tranches de l'IRS et de la surtaxe de l'IRC.

La lettre, en plus d’être adressée à l’exécutif de Luís Montenegro (PSD/CDS-PP) à la veille de la présentation de la proposition de loi du Budget de l’État pour 2026 (OE2026), est destinée aux députés de l’Assemblée de la République, chargés d’approuver la législation modifiant la fiscalité sur ces deux impôts.

L’association soutient que le Portugal doit se « réindustrialiser intelligemment » pour être « un acteur actif de la réalisation du marché unique » de l’Union européenne à un moment où « les changements géopolitiques conduisent au rapprochement et à la consolidation des chaînes de valeur ».

Pour cette raison, les dirigeants d’entreprises estiment que cette « ambition exige un nouveau contrat entre l’État, les entreprises et la société civile qui accorde une place prépondérante à la création de richesse et qui encourage et célèbre le succès de nos citoyens et de nos entreprises, tirant parti des opportunités considérables ».

Pour la BRP, il est nécessaire d’agir sur quatre fronts : la « délivrance de licences et la bureaucratie », la « justice fiscale et administrative », le « système fiscal » et l' »énergie ».

C’est dans le domaine de la justice fiscale que l’association propose les deux mesures concernant l’IRS et l’IRC.

La Business Roundtable suggère au Gouvernement et aux députés une reconfiguration urgente de l' »IRS jusqu’à 1,5 fois le salaire moyen national pour libérer la volonté de 60 % des Portugais de croître », en proposant « dans une première phase d’éliminer les cinq premières tranches » de revenus, écrit-on dans la lettre.

À l’heure actuelle, les cinq premiers niveaux couvrent les revenus imposables jusqu’à 28 400 euros par an.

« Nous devons briser le piège de pauvreté qui condamne près d’un quart des travailleurs à rester bloqués au salaire minimum national ; l’État récupère 62 % de l’augmentation salariale de ceux qui osent échapper au salaire minimum national, ce qui est immoral », justifie l’association.

Concernant l’IRC, les entrepreneurs souhaitent « abolir le système progressif » qui condamne le pays « à avoir 41 % de grandes entreprises en moins par rapport à la moyenne de l’UE », plaidant pour la suppression de la surtaxe étatique.

Le Programme du gouvernement prévoit des changements concernant cette surtaxe de l’IRC, actuellement appliquée aux bénéfices supérieurs à 1,5 million d’euros, mais pas son élimination. Une « atténuation progressive de la progressivité de l’impôt via la surtaxe étatique » est prévue.

Récemment, le 19 septembre, le PSD, le CDS-PP, le PS, Livre et le PCP ont rejeté une initiative de l’IL visant à éliminer le premier échelon de la surtaxe.

En ce qui concerne les règles de délivrance de licences, l’association propose que soit appliqué « au secteur de l’industrie et aux autres services le modèle de succès utilisé dans le tourisme ».

Pour la justice, la BRP préconise d’appliquer au contentieux administratif et fiscal ce qui a été mis en place dans la « justice civile et commerciale au cours de la dernière décennie, ce qui prend moins d’un tiers du temps des tribunaux fiscaux et administratifs ».

En ce qui concerne le secteur énergétique, l’objectif est que le Portugal « fasse figure de proue en matière d’énergies renouvelables et de technologies à faible émission de carbone » pour permettre « la réindustrialisation du Portugal et de l’Europe ».

La lettre est signée par 142 dirigeants, parmi lesquels Ana Figueiredo (Meo), Ângelo Paupério (Nos), António Horta Osório (Bial), António Pires de Lima (Brisa), António Portela (Bial), Carlos Mota Santos (Mota-Engil), Cláudia Azevedo (Sonae), José Luís Arnault (ANA -Aeroports de Portugal), Manuel Violas (Groupe Violas), Nuno Botelho (Association Commerciale de Porto), Nuno Amado (BCP), Nuno Galvão Teles (MLGTS), Pedro Castro et Almeida (Santander), Ricardo Pires (Semapa), Rui Miguel Nabeiro (Delta Cafés), Salvador de Mello (José de Mello), Sérgio Monteiro (Horizon Equity Partners) et Vasco de Mello (José de Mello).

Selon les informations fournies par l’association, la BRP est composée de 43 dirigeants d’entreprises et de groupes d’entreprises.