Des économistes mondiaux alertent sur l’effondrement du journalisme d’intérêt public.

Des économistes mondiaux alertent sur l'effondrement du journalisme d'intérêt public.

Dans une déclaration conjointe publiée aujourd’hui, les signataires ont averti que l’accès à une information fiable est la ressource fondamentale qui nourrit l’économie du XXIe siècle, tout comme elle dépendait autrefois « de la vapeur ou du charbon » pour le développement industriel.

Pour les économistes qui ont signé le document, parmi lesquels figurent également Philippe Aghion, Tim Besley, Diane Coyle et Francesca Brian, le recours à l’information est essentiel dans l’économie future, stimulée par l’Intelligence Artificielle.

« Les médias d’intérêt public », définis comme fournisseurs d’information factuelle et fiable, et éditorialement indépendants, « jouent un rôle crucial » et « néanmoins, dans le monde entier, ils sont menacés », souligne le document.

Le document mentionne également que les organes de presse ont été affectés par des difficultés financières dues à la concurrence « de plus en plus déloyale » des grandes entreprises technologiques et des plateformes numériques.

Par ailleurs, les économistes avertissent que les médias subissent « une interférence croissante des gouvernements » qu’ils soient autoritaires ou non.

Les économistes appellent les autorités publiques à investir dans le journalisme libre et indépendant à travers des subventions directes ou indirectes.

Les signataires ont également déclaré qu’il est nécessaire de « façonner les écosystèmes d’information pour l’intérêt public », avec « une réglementation appropriée » de la part des entreprises de technologie et d’Intelligence Artificielle.

Ces mesures, ont-ils argumenté, peuvent aider à éviter « une trajectoire » qui semble conduire à l’effondrement du journalisme d’intérêt public, avec des conséquences considérables pour l’économie, la société et les démocraties.

Pour les économistes qui ont signé la déclaration conjointe, le coût des mesures est « relativement faible » et elles doivent être mises en œuvre en consultation avec la société civile et le secteur privé.

Le Forum sur l’Information et la Démocratie résulte d’un partenariat lancé en 2019 par la France et l’organisation non-gouvernementale Reporters Sans Frontières (RSF), auquel ont adhéré une cinquantaine de pays.