Amadeu Guerra, s’exprimant lors de la clôture de la conférence des 35 ans de l’Association Portugaise d’Aide à la Victime (APAV), qui s’est tenue aujourd’hui à la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne, a affirmé que l’État a le « devoir d’intervenir en faveur de la victime, par des voies juridictionnelles et non juridictionnelles, afin que la victimisation ne devienne pas un fardeau à porter toute la vie et ne se transmette pas aux générations futures ».
Soulignant que la victime a le droit d’être protégée des dommages éventuels du crime (victimisation primaire), de sa répétition (victimisation répétée) et des traumatismes dus à un manque de reconnaissance de sa condition de victime ou à un soutien insuffisant, « y compris de la part du système judiciaire » (victimisation secondaire), le procureur général de la République (PGR) a déclaré que la manière dont la victime est traitée est déterminante « pour accroître sa confiance dans le système judiciaire pénal et encourager sa participation au processus ».
« Il ne faut pas oublier que l’intervention de la victime dans le processus pénal, en défense de ses propres intérêts, activement et sans contraintes, sert l’intérêt de l’État dans la réalisation de la justice », a-t-il déclaré.
Pour le PGR, la collaboration de la victime dans la production de preuves, de manière spontanée, libre et inconditionnée, « est essentielle pour la découverte de la vérité et favorise une bonne décision de l’affaire », de sorte que le système de justice pénale doit « prendre en compte les besoins de la victime ».
Le chef du ministère public portugais a souligné que la victime doit pouvoir « exercer ses droits d’intervention procédurale dans un environnement sûr, minimisant le risque de victimisation secondaire et lui permettant de surmonter les conséquences négatives du crime ».
Il a également défendu la nécessité de se concentrer sur la prévention et la sensibilisation de « toute la société et en particulier des plus jeunes », notamment en ce qui concerne la cybercriminalité.