De jeunes professionnels remettent au gouvernement un plan pour retenir les talents dans le SNS.

De jeunes professionnels remettent au gouvernement un plan pour retenir les talents dans le SNS.

Dans le plan à remettre aujourd’hui à la ministre de la Santé, auquel l’agence Lusa a eu accès, la Plateforme des Jeunes Professionnels de la Santé, regroupant neuf entités, propose également la création de programmes de prévention du ‘burnout’ et de promotion du bien-être au travail, ainsi que le lancement d’un projet pilote pour organiser des « horaires plus durables ».

 

Le document identifie comme « défis critiques » la précarité contractuelle, l’absence de progression de carrière, les « niveaux alarmants » de stress et de ‘burnout’, ainsi que l’émigration croissante de professionnels qualifiés.

La plateforme rappelle que, d’après les données du Baromètre qu’elle a élaboré, seulement 10% des jeunes se disent satisfaits de leurs conditions de travail, et plus de 60% indiquent que leurs horaires ne permettent pas une articulation acceptable entre vie professionnelle et vie personnelle.

Elle demande également au gouvernement de progresser progressivement dans la mise en œuvre des mesures proposées entre 2025 et 2028, en créant une structure technique de suivi et un tableau public d’indicateurs de surveillance.

« Les jeunes professionnels de la santé continuent d’intégrer le système avec une forte vocation et un sens du devoir, mais se retrouvent rapidement confrontés à une situation de dévalorisation et d’instabilité. Nous ne pouvons pas continuer à former des talents pour les exporter ou les épuiser », explique Lucas Chambel, représentant de la plateforme.

Le document est organisé autour de cinq axes d’intervention : carrières, rémunération et conditions contractuelles ; planification stratégique et gestion des ressources humaines ; formation continue et développement professionnel ; bien-être, santé mentale et conciliation de la vie personnelle et professionnelle, et transdisciplinarité, innovation et participation.

Parmi les différentes propositions qu’ils présenteront à la ministre de la Santé figurent la révision des statuts de carrière et des outils d’évaluation, ainsi que la création d’une base réglementaire transversale pour les carrières dans le domaine de la santé, avec une prévision dans le budget de l’État de 2027 de fonds spécifiques pour la mise à jour des salaires des échelons révisés.

Ils plaident également pour la création d’une grille salariale multidisciplinaire pour les professionnels en début de carrière, afin de disposer d’une « référence commune » de base salariale ajustée au niveau de qualification et à la complexité technique, applicable à toutes les professions de santé ayant une formation supérieure, avec des mécanismes de valorisation par expérience et différenciation.

Pour que la grille salariale de base soit définie d’ici fin 2026, ils recommandent la constitution d’une commission interministérielle (Santé, Finances, Administration publique). Ils préconisent également la révision législative des décrets-lois régissant les carrières spéciales de la santé, en élargissant leur application aux catégories actuellement non protégées.

Pour éliminer progressivement la précarité contractuelle, ils demandent de remplacer, sur un horizon de cinq ans, les contrats à durée déterminée et les ‘recibos verdes’ par des contrats de travail « stables et protégés, de préférence des contrats à durée indéterminée, respectant la nature juridique de chaque entité. Lorsque cela n’est pas possible, qu’ils soient remplacés par des contrats à durée déterminée « avec des garanties renforcées de stabilité et progression ».

Une autre des suggestions est la création de carrières spécifiques pour des professions de santé encore non intégrées dans les régimes de carrière de l’administration publique, citant comme exemple les dentistes, nutritionnistes, psychologues, vétérinaires, physiothérapeutes et orthophonistes.

Ils demandent également des quotas d’accès aux fonctions de coordination technique et scientifique pour les jeunes professionnels et la création d’un régime spécial d’incitation à la fixation des jeunes dans les régions prioritaires, en suggérant le lancement d’un programme national – « Vivre et Travailler à l’Intérieur » – avec une majoration salariale d’au moins 40% pendant les cinq premières années d’affectation.

Dans le domaine de la formation, ils suggèrent la création d’un mécanisme d’incitation financière à la promotion de la formation par les établissements de santé et une majoration fiscale, en matière d’impôt sur le revenu des personnes physiques, des dépenses individuelles et collectives liées à la formation.