Le ministère de la Justice (MJ) a expliqué à Lusa que suite à la détention de João Vaz, gardien de prison, lors des troubles survenus lors de la manifestation d’extrême-droite au Rossio, à Lisbonne, en marge du défilé du 25 avril, des clarifications ont été apportées concernant les implications judiciaires et disciplinaires des agents pénitentiaires.
Selon le MJ, les condamnations pour des crimes commis en dehors du cadre professionnel et qui ne violent pas le statut professionnel des gardiens de prison ne peuvent entraîner de conséquences disciplinaires, ni l’ouverture de processus de cette nature.
João Vaz a été condamné en juin 2022 par le Tribunal central pénal de Lisbonne, dans le cadre de l’affaire dite ‘Hammerskins’, à une peine de six mois de prison avec sursis d’un an pour possession illégale d’arme (un poing américain). Il a été acquitté des accusations de discrimination raciale, religieuse ou sexuelle et d’agression avec préméditation.
La Direction Générale de la Réinsertion et des Services Pénitentiaires (DGRSP) a indiqué que ses services n’ont été informés de la décision judiciaire du Tribunal central d’instruction criminelle dans l’affaire ‘Hammerskins’ que le 24 février de cette année, plus de deux ans et demi après qu’elle ait été rendue.
Elle a ajouté que la décision n’était pas encore définitive, un recours étant toujours en instance devant la Cour d’appel de Lisbonne (TRL), soulignant que « le travailleur, dans cette affaire, a été acquitté de la majorité des faits dont il était accusé ».
« En partant du principe essentiel que nous sommes dans le cadre d’actes commis dans la vie privée et sans lien avec l’exercice des fonctions du travailleur, et selon la nature et la gravité des faits imputés, en tenant compte du principe de présomption d’innocence, un processus disciplinaire est ouvert, qui, par principe, reste suspendu en attente de la décision judiciaire définitive », a expliqué la DGRSP.
Cependant, concernant le processus disciplinaire ouvert à la suite des affrontements du 25 avril, ce qui a déjà conduit à sa suspension préventive pour 90 jours, la DGRSP a indiqué qu' »à la lumière de la répercussion publique des incidents, de la gravité du comportement et de l’implication manifeste pour le prestige de la fonction de gardien de prison et pour l’honorabilité de la DGRSP dans son ensemble, un processus disciplinaire a été immédiatement ouvert ».
Les services pénitentiaires ont ajouté que le processus disciplinaire suit son cours, « même avec un suivi étroit de l’enquête pénale en cours ».
La DGRSP avait déjà précisé que le processus disciplinaire avait été « ouvert suite à une information transmise par l’organe de police judiciaire (OPC)/MP, car adhérer à une certaine idéologie, hors du contexte professionnel, ne constitue pas en soi un sujet susceptible de procédure disciplinaire ».
Selon les informations fournies aujourd’hui par le MJ, les soupçons contre ce gardien, concernant les agressions contre des agents de la PSP lors des troubles, violent le statut professionnel des gardiens de prison, ce qui justifie l’ouverture d’une enquête disciplinaire dans ce cas.
À la suite des désordres du vendredi, lors de la concentration d’extrême-droite en marge du défilé du 25 avril, João Vaz, le militant néonazi Mário Machado et l’ex-juge et chef du parti d’extrême-droite Ergue-te, Rui Fonseca e Castro, ont été arrêtés par la PSP, emmenés au Commandement Métropolitain de Lisbonne et libérés en début de soirée, après avoir été notifiés de se présenter lundi à 10h00, au Campus de Justice, pour être entendus par le Ministère Public.
La procédure a été reportée en raison des perturbations dans les tribunaux provoquées par une panne généralisée qui a laissé le territoire continental sans électricité, et aucune nouvelle date n’a encore été fixée.
Les détentions ont été justifiées par la PSP pour des faits de désobéissance, de résistance, de coercition et de menace envers des organes de communication sociale, à la suite des affrontements survenus au Largo de São Domingos, après une concentration non autorisée de sympathisants d’extrême-droite.