Le ministère de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation (MECI) a déclaré qu’il ne s’était jamais engagé à publier des résultats sur l’adhésion aux recommandations émises en septembre dernier concernant l’utilisation des smartphones dans les écoles d’ici à la fin du premier trimestre 2025.
Dans une réponse adressée à l’agence Lusa, le MECI explique qu’il s’est engagé à publier les résultats uniquement après la fin de l’année scolaire, après que le mouvement « Moins d’Écrans, Plus de Vie » a accusé aujourd’hui le ministère de ne pas avoir encore présenté l’étude sur l’utilisation des téléphones portables à l’école, étude qui, selon le mouvement, aurait dû être connue d’ici la fin du mois de mars.
Au début de l’année scolaire, le MECI a recommandé aux écoles d’interdire l’utilisation des téléphones portables dans les 1er et 2e cycles et de restreindre leur utilisation au 3e cycle.
Par ailleurs, l’Assemblée de la République a demandé au gouvernement, via un projet de résolution non contraignant, de présenter, au cours du « premier trimestre de 2025 », un rapport avec des données quantitatives sur l’adhésion des écoles.
Cependant, le gouvernement n’est pas parvenu à s’engager sur ce délai et précise que « les données statistiques communiquées jusqu’à présent sur l’utilisation des ‘smartphones’ dans les écoles proviennent de sources non officielles et ne sont donc pas fiables ».
« Les écoles ont eu le temps de mettre en œuvre leurs mesures, de sorte que ce n’est que maintenant, au 3e trimestre, qu’il sera possible de collecter systématiquement les informations », ajoute le MECI, réaffirmant que les conclusions seront prises en compte lors de la définition des orientations pour l’année scolaire 2025/2026.
Interrogée par Lusa, le ministère indique également que l’étude d’évaluation de l’impact du projet pilote des manuels numériques sera publiée après la fin de l’année scolaire.
Actuellement, la définition des règles pour l’utilisation des téléphones portables est entre les mains des écoles, dans le cadre du règlement intérieur, une autonomie défendue par le Conseil des Écoles l’année dernière.
Une étude de l’Observatoire de la Santé Psychologique et du Bien-Être (OSPBE) réalisée au Portugal a révélé que 52,8 % des jeunes à partir du 2e cycle passent au moins quatre heures par jour devant un écran.
L’étude a également montré que le temps passé devant un écran augmente avec l’âge : les élèves de terminale passent en moyenne près de cinq heures, tandis que les enfants de 5e année n’atteignent pas trois heures.
Ces dernières années, de plus en plus de pays ont interdit l’utilisation des téléphones portables dans les écoles : à la fin de 2023, il y avait 60 systèmes éducatifs avec des restrictions, mais dès janvier de cette année, cela concernait déjà 79 pays.
Une étude de l’Unesco a conclu que les restrictions ont apporté des améliorations dans l’apprentissage, la concentration, l’estime de soi et la lutte contre le ‘harcèlement’.
Cependant, une autre étude publiée dans la revue The Lancet a révélé qu’il pourrait en fait y avoir moins de bénéfices, car les enfants augmenteraient ensuite l’utilisation des écrans à la maison.
Au Portugal, les recommandations du ministère ont toujours été de nature volontaire pour les écoles, mais le gouvernement n’a jamais fermé la porte à une éventuelle interdiction future en milieu scolaire.