Combustibles fossiles ? Le Portugal n’a pas respecté les recommandations de Bruxelles.

La question porte sur l’évaluation par l’exécutif communautaire des Plans Nationaux Énergie et Climat (PNEC) en ligne avec les objectifs énergétiques et climatiques de l’Union Européenne (UE) pour 2030, publiée aujourd’hui à Bruxelles. Dans le cas du Portugal, il est reproché au pays de « ne pas avoir répondu » à trois recommandations de l’institution, dont l’une concerne les combustibles fossiles.

« Le plan reconnaît la nécessité d’éliminer les subventions aux combustibles fossiles d’ici 2030, conformément aux engagements internationaux, mais il ne présente pas de mesures spécifiques ni de calendrier clair pour cela », indique l’institution.

De plus, bien que le plan portugais inclue des objectifs sur l’efficacité énergétique, le pays « n’a pas augmenté le niveau d’ambition », critique Bruxelles.

Concernant le financement de la transition énergétique et climatique, le plan du Portugal « ne présente pas de données sur les besoins d’investissement, bien qu’il décrive de manière générale les principales sources de financement ».

Il « n’explique pas non plus comment les mesures mobiliseront les investissements privés, ni n’inclut de répartition entre investissement public et privé, et, en général, l’information est insuffisante pour évaluer le possible déficit de financement ou comment il serait comblé », accuse la Commission Européenne.

C’est pourquoi « la Commission encourage le Portugal à garantir une mise en œuvre complète et en temps voulu du PNEC mis à jour », notamment en développant une feuille de route avec des mesures spécifiques pour éliminer les subventions aux combustibles fossiles, rénover les bâtiments pour promouvoir l’efficacité et réduire la précarité énergétique, et créer une stratégie avec des ressources financières pour traduire les engagements en actions concrètes en matière de transition juste.

D’autres suggestions concernent les incitations aux véhicules électriques et les solutions de mobilité alternatives, un réseau électrique avec des autorisations optimisées, l’allocation de capacité et le stockage et la flexibilité du système, ainsi que l’hydrogène vert comme priorité.

Il est noté que le plan portugais « couvre adéquatement » les principales réformes et investissements du Plan de Relance et de Résilience (PRR) qui contribuent à la réalisation des objectifs et des cibles de l’Union de l’énergie, cette recommandation européenne ayant alors été suivie.

Le PRR portugais, qui est implémenté à 33%, alloue plus de la moitié du budget (près de 55%) à la transition ‘verte’, selon les données actualisées de Bruxelles.

Dans les informations communiquées aujourd’hui, la Commission Européenne conclut que « l’UE est actuellement sur la voie de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’environ 54% d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 1990, si les États membres mettent pleinement en œuvre les mesures nationales existantes et prévues, ainsi que les politiques de l’UE ».

L’objectif de l’UE est de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55% par rapport à 1990, d’atteindre au moins 42,5% d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie, et d’améliorer l’efficacité énergétique d’au moins 11,7%.

Le Portugal contribue à ces objectifs avec des engagements tels que l’atteinte de 51% de renouvelables d’ici 2030, l’élimination progressive de la production d’électricité à charbon, et l’éradication de la pauvreté énergétique d’ici 2050.