«Ce sont les bureaucraties habituelles. Pour donner la carte [d’Ancien Combattant] et l’exemption des taxes modératrices, il n’a pas été nécessaire d’effectuer une quelconque démarche. C’était automatique. Maintenant, pour les médicaments, c’est une bureaucratie», s’est plaint Emanuel Lopes, ancien combattant, lors d’une déclaration à l’agence Lusa.
Outre Emmanuel Lopes, Lusa a été informée de plusieurs anciens combattants retraités qui se rendent encore aujourd’hui dans des pharmacies, mais ne parviennent pas à bénéficier de la réduction de 50 % sur la part non remboursée par le Service National de Santé (SNS) sur les médicaments, annoncée par le gouvernement PSD/CDS-PP et entrée en vigueur en janvier.
Selon diverses entités contactées par Lusa, y compris le ministère de la Défense, le problème réside dans le fait que certains anciens combattants ne sont pas enregistrés dans le Registre National des Usagers (RNU) en tant que retraités.
Le ministère, dirigé par le président du CDS-PP, Nuno Melo, a répondu que l’enregistrement dans le RNU «est sous la juridiction» des Services Partagés du Ministère de la Santé (SPMS) et est mis à jour par l’envoi de données de la Direction Générale des Ressources de la Défense Nationale (DGRDN) «en fonction de la condition d’Ancien Combattant, et des régimes de protection sociale», la Sécurité Sociale et la Caixa Geral de Aposentações.
Auprès de Lusa, le ministère a reconnu l’existence d’anciens combattants dans cette situation, précisant qu’ils sont «absolument résiduels» et a affirmé que «plus de 920 000 emballages ont déjà été distribués, pour un total de plus de 690 000 prescriptions».
La tutelle souligne que la validation de ces enregistrements est effectuée quotidiennement dans les services de la DGRDN, «à la suite de multiples interactions avec les Anciens Combattants, par téléphone, par lettre ou par adresse électronique», ce qui entraîne «souvent la correction et l’envoi de nouveaux enregistrements aux SPMS».
«Je suis retraité, les Finances savent que je suis retraité, la Défense sait que je suis retraité, la Caixa Geral de Aposentações sait que je suis retraité, et il faut presque demander une requête au Président de la République [pour avoir accès à la contribution]», a ironisé Emanuel Lopes, qui ne bénéficie toujours pas de cet avantage, même après avoir contacté plusieurs entités, comme le Guichet Unique de la Défense, qui lui a dit être en train de traiter la question, sans date de résolution prévue.
Auprès de Lusa, les Services Partagés du Ministère de la Santé (SPMS) ont affirmé que l’attribution de la contribution «fonctionne correctement», après quelques «contraintes initiales», mais ont souligné que pour bénéficier de cet avantage, les anciens combattants doivent être «dûment identifiés dans le RNU».
«Toutes les situations signalées ont été analysées et résolues individuellement, avec un suivi continu pour garantir la correction d’éventuelles incohérences et assurer le respect du régime de contribution», ont répondu les SPMS, indiquant deux adresses de la Défense auxquelles ces citoyens peuvent adresser leurs plaintes par courriel : médi**********@****sa.pt et an*****************@****sa.pt.
Les SPMS ajoutent que certaines des difficultés rapportées «sont associées à des doutes sur l’interprétation de l’avantage par les usagers», donnant comme exemple des anciens combattants qui «ont demandé une contribution pour des dispositifs médicaux, alors que la contribution supplémentaire ne s’applique qu’aux médicaments remboursés» ou des anciens combattants non retraités qui «ont demandé la contribution supplémentaire».
«Il y a des usagers qui revendiquent encore le droit à l’avantage, mais dont la situation n’est pas dûment régularisée auprès des entités compétentes», peut-on lire dans la réponse.
Selon le portail du Guichet Unique de la Défense, il n’est pas nécessaire de présenter la carte d’ancien combattant dans les pharmacies, il suffit que la prescription médicale fasse référence au décret.
Toutefois, il est souligné que «jusqu’à la conclusion de l’adaptation des systèmes de prescription électronique», le bénéfice ne sera appliqué, à titre exceptionnel et temporaire, qu’aux ordonnances sans mention de ce décret si l’ancien combattant est dûment enregistré dans le RNU.
Pour l’Association Nationale des Pharmacies (ANF), la présidente Ema Paulino a assuré à Lusa que toutes les pharmacies sont couvertes par ce protocole et prêtes à le mettre en œuvre, renvoyant les éventuels problèmes à une mauvaise identification de l’usager dans le RNU.