Bruxelles prête à envisager de « nouvelles options » de financement en matière de défense dans l’UE.

« Du côté de la Commission, nous sommes prêts à explorer de nouvelles voies et de nouvelles options », a déclaré le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis.

 

Lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion informelle des ministres des Finances de l’UE à Varsovie, organisée par la présidence polonaise du Conseil, le responsable européen a été interrogé sur les propositions présentées à la suite du plan de 800 milliards d’euros avancé par la Commission européenne pour le réarmement communautaire.

Parmi ces propositions figurent un nouveau mécanisme européen de défense pour des achats conjoints et le financement de projets de grande envergure, ainsi qu’un nouvel instrument financier temporaire, suggérés respectivement par le groupe de réflexion économique Bruegel et le gouvernement espagnol.

« De la part de la Commission, nous sommes prêts à lancer ces discussions et à voir comment aller au-delà des initiatives existantes », a renforcé Valdis Dombrovskis.

Pour le responsable, « il est important de trouver des moyens permettant aux démocraties partageant des valeurs similaires à celles de l’UE de s’engager dans le renforcement de la défense européenne », telles que le Royaume-Uni ou la Norvège.

Cependant, Valdis Dombrovskis a demandé aux ministres européens des Finances de ne pas « ralentir le rythme de mise en œuvre des initiatives actuellement en cours », afin d’éviter un « impact asymétrique des menaces à la sécurité » actuelles, qui affectent davantage les pays en première ligne de la guerre en Ukraine.

La Commission européenne a demandé aux États membres d’activer, d’ici fin avril, la clause de sauvegarde nationale dans le cadre des règles budgétaires communautaires afin de pouvoir dépenser en matière de défense sans risquer une Procédure pour Déficit Excessif (PDE).

Cela fait partie des mesures du plan de 800 milliards d’euros pour la défense dans l’UE, qui inclut cette activation de la clause de sauvegarde nationale visant à éviter la PDE (avec une augmentation maximale des dépenses publiques en défense de 1,5 % du PIB par an, aboutissant à 650 milliards d’euros sur quatre ans) et un nouvel instrument européen de crédit dans des circonstances extraordinaires (pour un total de 150 milliards d’euros, similaire aux prêts à conditions favorables créés pendant la COVID-19 pour éviter le chômage).

Les autres volets du plan incluent la réaffectation de fonds provenant d’autres sources (tels que ceux de la Cohésion, pour des projets à usage civil et militaire), des fonds de la Banque européenne d’investissement (qui devrait désormais avoir des règles plus flexibles pour ces investissements) et encore du capital privé.

Après la présentation de ce plan, Bruegel a suggéré un nouveau Mécanisme Européen de Défense, une institution intergouvernementale semblable au Mécanisme Européen de Stabilité créée pour l’assistance financière, cette fois pour créer un marché unique de l’industrie, financer des projets de grande envergure et inclure des partenaires hors de l’UE (comme le Royaume-Uni).

Aujourd’hui même, lors de l’Ecofin informel, l’Espagne a proposé une solution transitoire pour un financement plus rapide de l’effort de défense européen jusqu’à ce que le plan de Bruxelles soit entièrement réalisé ou que d’autres options à long terme soient trouvées, qui pourrait non seulement être ouverte à l’UE mais aussi à des pays partenaires et serait alimentée par des contributions volontaires des participants.

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