« Du débat d’aujourd’hui, nous pouvons observer que la majorité des États membres, une écrasante majorité, envisage d’appliquer cette clause, et nous, du côté de la Commission, souhaitons le faire autant que possible, de manière coordonnée et synchronisée », a déclaré le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis.
Lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion informelle des ministres des Finances de l’UE, qui s’est tenue à Varsovie sous la présidence polonaise du Conseil, Valdis Dombrovskis a rappelé que l’exécutif communautaire a demandé aux pays membres de soumettre « leur demande d’activation des clauses à portée nationale [dans le cadre des règles budgétaires européennes] d’ici la fin du mois d’avril ».
Toutefois, le responsable a expliqué que ce « n’est pas une échéance », visant « uniquement à garantir cette coordination ».
« La Commission est donc prête à évaluer rapidement les demandes et à adopter des recommandations en juin pour une adoption par le Conseil en juillet », a-t-il encore révélé.
Le Portugal n’a pas encore décidé s’il le fera, mais le gouvernement a affirmé que le pays n’a pas besoin d’un tel allègement des strictes règles budgétaires de l’UE (déficit et dette publique) pour dépenser davantage en défense, compte tenu de la situation d’équilibre budgétaire du pays.
La Commission européenne a demandé qu’à la fin de ce mois d’avril, les États membres activent la clause de sauvegarde nationale dans le cadre des règles budgétaires communautaires afin de pouvoir dépenser en défense sans risquer une Procédure de Déficit Excessif (PDE).
« Cela facilitera l’augmentation rapide des dépenses de défense, permettant aux États membres de s’écarter temporairement des exigences budgétaires habituelles. J’ai souligné qu’il sera crucial que les États membres préservent en même temps la durabilité budgétaire et, à cet effet, la déviation est limitée en termes de portée, de durée et de volume », a déclaré aujourd’hui Valdis Dombrovskis.
Ceci est l’une des mesures du plan de 800 milliards d’euros pour la défense dans l’UE, qui inclut cette activation de la clause de sauvegarde nationale des règles budgétaires pour éviter une PDE (pour augmenter la dépense publique en défense jusqu’à un maximum de 1,5% du PIB par an, ce qui résultera en 650 milliards d’euros en quatre ans) et un nouvel instrument européen de crédit en circonstances extraordinaires (d’un total de 150 milliards d’euros, semblable aux prêts à conditions favorables créées pendant la COVID-19 pour éviter le chômage).
Les autres aspects du plan incluent la réaffectation des fonds d’autres sources (telles que la Cohésion, pour des projets à usage civil et militaire), des fonds de la Banque Européenne d’Investissement (qui devra avoir des règles plus flexibles pour ces investissements) et également du capital privé.
L’UE pourrait devoir dépenser 250 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 3,5% de son Produit Intérieur Brut (PIB), pour sa sécurité face à la guerre en Ukraine provoquée par l’invasion russe.
Entre 2021 et 2024, les dépenses des États membres en défense ont augmenté de plus de 30%, pour atteindre 326 milliards d’euros, soit environ 1,9% du PIB de l’UE.
Le Portugal a investi environ 1,55% du PIB en défense l’an dernier et a déjà déclaré qu’avant la date prévue initialement de 2029, il atteindra les 2%, sans révéler comment ni quand.