Bruxelles divulgue des prévisions impactées par les tensions commerciales avec des tarifs

Après avoir repoussé la présentation de ces projections, en justifiant la nécessité de plus de temps pour le travail technique en raison de l’incertitude économique, l’exécutif communautaire présente aujourd’hui les prévisions de printemps concernant la croissance économique de la zone euro et de l’Union Européenne (UE), avec des indicateurs pour tous les États membres et d’autres grandes économies.

C’est la première présentation depuis l’annonce par les États-Unis en début d’année de lourdes taxes contre l’UE — les dernières prévisions ayant été publiées en novembre dernier — et il est prévu que la Commission Européenne évalue le poids réel de ces mesures, ayant déjà anticipé des impacts négatifs.

Les prévisions macroéconomiques de la Commission Européenne seront donc influencées par les politiques protectionnistes des États-Unis en raison de cette imposition de tarifs élevés à l’UE, ce qui a déclenché des tensions commerciales et une instabilité sur les marchés financiers, ainsi que des craintes de ralentissement économique et d’inflation persistante.

Des calculs de la Commission Européenne, révélés à la mi-avril, indiquent que les nouveaux droits de douane américains pourraient entraîner des pertes de 0,8% à 1,4% du PIB des États-Unis jusqu’en 2027, alors que cette proportion serait de 0,2% du PIB dans le cas de l’UE.

Dans le pire des scénarios, c’est-à-dire si les droits de douane deviennent permanents ou s’il existe d’autres contre-mesures, les conséquences économiques seraient plus négatives, atteignant 3,1% à 3,3% pour les États-Unis et 0,5% à 0,6% pour l’UE.

En termes globaux, l’exécutif communautaire estime une perte de 1,2% du PIB mondial et une diminution de 7,7% du commerce mondial en trois ans.

C’est un moment de tensions commerciales après les annonces de Donald Trump concernant l’imposition de taxes de 25% sur l’acier, l’aluminium et les automobiles européennes et de 20% en tarifs réciproques au bloc communautaire, ces dernières étant cependant suspendues pour 90 jours.

Actuellement, 379 milliards d’euros d’exportations de l’UE vers les États-Unis, soit l’équivalent de 70% du total, sont soumis aux nouveaux tarifs (y compris ceux suspendus temporairement) depuis que la nouvelle administration des États-Unis a pris ses fonctions.

Dans les prévisions économiques publiées en novembre dernier, Bruxelles avait estimé que le PIB de la zone euro croîtrait de 1,3% cette année, aggravant pour la troisième fois consécutive cette projection (après des estimations de 1,4% et 1,5%).