« Selon les plaintes des travailleurs qui rejoignent progressivement les services du Sinttav, ils sont notifiés de l’obligation de compenser par des heures supplémentaires tout le temps pendant lequel, en raison d’une panne d’électricité, ils ont été empêchés de travailler », indique le syndicat dans un communiqué.
Rejetant la légitimité légale de cette prétention, le Sinttav affirme qu' »en aucune circonstance » le « black-out » ne doit « servir de prétexte » pour que les entreprises pénalisent les travailleurs et garantit qu’il « prendra les mesures appropriées » auprès des autorités compétentes.
« Naturellement, dans les entreprises non équipées de solutions alternatives, le ‘black-out’ a entravé dans certains cas le bon fonctionnement de leur activité, mais en aucune circonstance cela ne doit servir de prétexte pour que les entreprises ‘punissent’ les travailleurs en leur imposant d’ajouter du temps supplémentaire et gratuit à la période normale de travail », soutient-il.
Selon le syndicat, pour justifier cette imposition, les entreprises concernées citent « de manière déformée » la législation, « recourant à tort à certaines notions juridiques du Code du Travail qui ne s’appliquent pas au contexte du ‘black-out' ».
Cependant, argumente-t-il, le fait est qu' »il ne s’agissait pas d’une catastrophe », ni les entreprises n’ont été « en situation de crise » ou « en situation économique difficile », de sorte que les conditions pour appliquer la mesure de « fermeture temporaire d’activité » ou ‘chômage technique’ ne sont pas réunies, comme cela a été avancé auprès des travailleurs.
« C’est, en fait, de l’opportunisme », accuse le Sinttav.
Selon le syndicat, l’article 197 du Code du Travail « considère comme temps de travail l’interruption du travail pour des raisons techniques […] ou en cas de panne d’énergie », établissant que la violation de ce principe « constitue une infraction grave, sujette à sanction ».
« Il n’est pas admissible que les entreprises cherchent à déformer les dispositions de la loi, pour adopter une attitude d’imposition aux travailleurs en les obligeant à assumer une interruption de travail pour laquelle ils ne sont en aucune façon responsables », conclut-il.
Le 28 avril, une coupure généralisée de l’approvisionnement électrique a laissé le Portugal continental, l’Espagne et Andorre pratiquement sans électricité, ainsi qu’une partie du territoire français.
Aéroports fermés, congestion des transports et de la circulation dans les grandes villes et pénurie de carburants ont été quelques-unes des conséquences du black-out.
Le Réseau Européen des Gestionnaires de Réseaux de Transport d’Électricité a annoncé la création d’un comité pour enquêter sur les causes de ce black-out, qualifié d' »exceptionnel et grave » et qui a laissé le Portugal et l’Espagne dans l’obscurité.