Dans un contexte marqué par des problèmes persistants qui s’aggravent, et avec les élections législatives prévues le 18 mai prochain, la CGTP-IN estime qu’une autre politique est nécessaire, qui distribue mieux la richesse créée et garantisse une augmentation générale et significative de tous les salaires. Cette position s’engage à respecter les valeurs et les acquis d’Avril, à défendre et à valoriser les droits des travailleurs, des enfants, des jeunes, ainsi que de ceux qui prônent un modèle de développement souverain, visant à accroître et diversifier la production nationale et à récupérer les secteurs et entreprises, a indiqué le syndicat dans un communiqué.
Ainsi, la centrale syndicale a élaboré une liste de priorités pour les travailleurs qu’elle a envoyée aux partis. Cette liste comprend une augmentation salariale de 15 %, d’un minimum de 150 euros, pour tous les travailleurs. Cette mesure représente moins de 10 milliards d’euros, en comparaison des 33,4 milliards d’euros appropriés par 1 615 grandes entreprises dans l’économie nationale.
La centrale a précisé qu’une augmentation de 15 % de l’ensemble des salaires entraînera un accroissement maximal de 2,6 % des coûts totaux pour l’entreprise marginale.
Par ailleurs, la CGTP souhaite que la négociation collective soit libérée des normes qui la restreignent, plaidant pour l’abrogation du régime de survie et de péremption des conventions collectives de travail, le rétablissement intégral du principe de traitement plus favorable pour le travailleur, la suppression de la norme qui permet le choix individuel de la convention applicable et de celle qui autorise la péremption des conventions collectives en cas de dissolution de l’association patronale.
La CGTP revendique également un emploi avec des droits pour tous les travailleurs et lutte contre toutes les formes de précarité de l’emploi.
En matière de législation du travail et de temps de travail, la centrale exige le respect de la liberté syndicale, l’élimination des normes restreignant le droit de grève, telles que « le recours abusif aux services minimums », la modification du régime d’indemnisation pour licenciement pour motif objectif, 25 jours ouvrés de congés pour tous les travailleurs, et l’augmentation de la rémunération des heures supplémentaires.
Elle demande également l’abrogation de la période d’essai de 180 jours pour les contrats à durée indéterminée, la limitation des justifications pour la conclusion de contrats à durée déterminée, un plafonnement des possibilités de contrats de travail temporaire, l’abrogation du régime des contrats de travail de très courte durée et celui de contrat avec étudiant pendant les vacances scolaires ou interruptions.
La centrale souhaite également une amélioration de la réglementation du travail des plateformes numériques et du télétravail, ainsi que la réglementation de l’introduction de la « gestion algorithmique et des mécanismes d’intelligence artificielle dans les processus de recrutement ».
Concernant le temps de travail, la CGTP réclame la réduction de la durée normale de travail hebdomadaire à 35 heures, sans perte de rémunération, l’abrogation des régimes de flexibilité, banques d’heures et horaires concentrés, la limitation des régimes de travail de nuit, par roulement, et continu, la garantie de deux jours consécutifs de repos hebdomadaire, et l’extension du régime des horaires flexibles aux travailleurs ayant des responsabilités familiales, y compris ceux ayant des enfants jusqu’à 16 ans.
Les services publics et les fonctions sociales de l’État sont d’autres domaines sur lesquels la CGTP s’est penchée, demandant une politique de financement qui réponde aux besoins des services, un effort d’amélioration des soins de santé primaires dans le cadre du SNS, la fin des partenariats public-privé et du processus de transfert de compétences aux municipalités, et l’extension du réseau public de soins continus et palliatifs.
Parmi les revendications figure également une modification de la réglementation du statut du SNS, « afin de refléter les contenus les plus progressistes de la nouvelle loi de bases de la santé et de donner la priorité à la mise en œuvre des systèmes locaux de santé ».
En ce qui concerne la Sécurité sociale, la CGTP souhaite des mesures telles que la régularisation de toutes les prestations, le rétablissement du pouvoir d’achat de tous les retraités et pensionnaires, la retraite complète et sans pénalités pour les travailleurs ayant 40 ans ou plus de cotisations, le retour à 65 ans pour l’accès à la pension de vieillesse, la révision du régime de protection sociale en cas de chômage ou le rétablissement de l’universalité des allocations familiales pour les enfants et jeunes.
Dans le document publié aujourd’hui, la centrale syndicale demande également une école publique de qualité, la réduction du nombre d’élèves par classe, l’embauche de personnel enseignant et non enseignant, l’extension du réseau public préscolaire, des mesures de contrôle des loyers, l’extension du parc public de logements à prix abordables, et un programme national de logement.
En ce qui concerne la politique fiscale, elle réclame que tous les biens essentiels soient soumis à un taux réduit de TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée), la création de tranches supplémentaires d’IRS (Impôt sur le Revenu des Personnes Physiques) et que l’IRC (Impôt sur le Revenu des Personnes Morales) taxe les revenus générés ou réalisés au Portugal.