« Le processus disciplinaire à l’encontre du commissaire pénitentiaire a été archivé aujourd’hui », a déclaré à l’agence Lusa Hermínio Barradas, président de l’Association Syndicale des Chefs du Corps des Gardes Pénitentiaires (ASCCGP).
Selon le responsable syndical, contrairement aux sept autres gardiens pénitentiaires concernés par les huit procédures disciplinaires ouvertes par la Direction Générale de Réinsertion et des Services Pénitentiaires (DGRSP), le commissaire pénitentiaire a choisi de faire des déclarations au Service d’Audit et d’Inspection (SAI) de cette direction générale, « il a fourni les explications nécessaires et a vu son dossier classé ».
Le 19 mars, les sept gardiens pénitentiaires faisant l’objet de procédures disciplinaires à la suite de l’évasion de Vale de Judeus ont refusé de faire des déclarations au SAI car ils n’étaient pas informés des faits qui leur étaient reprochés, a indiqué à l’époque le Syndicat National du Corps de la Garde Pénitentiaire (SNCGP), qui les représente légalement dans ce processus.
Sur les neuf procédures disciplinaires lancées, figure également l’ancien directeur de la prison de Vale de Judeus, Horácio Ribeiro.
Les procédures disciplinaires ont été lancées par la ministre de la Justice, Rita Alarcão Júdice, après recommandation du rapport élaboré par le SAI et remis au gouvernement le 17 octobre, environ un mois après l’évasion de cinq détenus de Vale de Judeus, le 7 septembre.
En ce qui concerne l’ancien directeur de la prison de Vale de Judeus, Horácio Ribeiro, le rapport faisait mention d’une « violation des devoirs généraux de poursuite de l’intérêt public, de diligence et de loyauté », soulignant que le directeur en régime de remplacement « n’avait pas veillé à l’application des orientations en matière de surveillance et de sécurité, notamment dans l’homologation des plannings ».
Concernant le chef de la garde pénitentiaire, le rapport concluait qu’il était responsable de la surveillance et de la sécurité de la prison ce jour-là, notamment de la détermination du planning de surveillance (physique et vidéo) des cours intérieures.
En ce qui concerne les gardiens pénitentiaires, dont un chef d’aile, le rapport mentionne une violation des devoirs généraux de poursuite de l’intérêt public et de « certains devoirs spéciaux ».
« Ils n’ont pas respecté plusieurs instructions, y compris des instructions écrites. Ces manquements ont conduit à un manque de surveillance en personne et de vidéoprotection, ce qui a facilité l’évasion des détenus et empêché leur détection à temps », pouvait-on lire dans le communiqué.
L’évasion de Vale de Judeus a conduit la ministre de la Justice à ordonner un audit de la sécurité des prisons portugaises et a également motivé le départ du directeur général de la DGRSP de l’époque, Rui Abrunhosa Gonçalves, qui a été remplacé provisoirement par Isabel Leitão, avant la nomination du nouveau directeur général, Orlando Carvalho.
L’audit sur les conditions de sécurité des 49 prisons, demandé par la ministre de la Justice, publié à la fin de l’année, a souligné des « déficiences » dans les équipements, l’organisation et la gestion des ressources.
L’évasion a également donné lieu à une enquête disciplinaire sur les gardiens qui étaient de service à la vidéoprotection au moment de l’évasion, ainsi qu’à une enquête du parquet pour déterminer d’éventuelles responsabilités de nature criminelle.
Le 7 septembre 2024, Rodolfo Lohrman (Argentin), Mark Roscaleer (Britannique), Shergili Farjiani (Géorgien), et les Portugais Fábio Loureiro et Fernando Ribeiro Ferreira se sont évadés de Vale de Judeus.
Tous les fugitifs ont depuis été repris, un seul d’entre eux ayant été capturé au Portugal.
Au moment de l’évasion, les cinq détenus purgeaient des peines allant de sept à 25 ans de prison pour trafic de drogue, association criminelle, vol, séquestration et blanchiment, entre autres crimes.