AIE considère l’augmentation prévue des réserves de pétrole comme insoutenable.

AIE considère l'augmentation prévue des réserves de pétrole comme insoutenable.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) considère que l’augmentation prévue des réserves de pétrole « est insoutenable » après que la production a atteint un sommet en août et que l’OPEP a décidé d’une nouvelle augmentation pour octobre.

Dans le rapport mensuel sur le marché publié aujourd’hui, l’AIE estime que, au second semestre, les réserves mondiales augmenteront en moyenne de 2,5 millions de barils par jour, du fait que l’offre dépasse largement la demande.

Rien qu’en juillet, les réserves ont augmenté de 26,5 millions de barils, marquant le sixième mois consécutif d’expansion, avec un total de 187 millions de barils supplémentaires accumulés depuis le début de l’année.

La situation risque de s’aggraver avec la décision, dimanche dernier, de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses partenaires (OPEP+), à moins qu’une inflexion ne modifie les déséquilibres actuels du marché en raison des tensions géopolitiques, des politiques commerciales ou de nouvelles sanctions contre la Russie ou l’Iran, selon les auteurs du rapport.

L’OPEP+ a convenu dimanche d’une nouvelle augmentation de la production de pétrole brut pour octobre de 137 000 barils par jour, une hausse qui, cependant, est inférieure à celle appliquée les mois précédents en raison de l’affaiblissement de la demande mondiale.

L’AIE rappelle qu’en août un nouveau record de demande de pétrole brut a été atteint, avec 106,9 millions de barils, et estime maintenant qu’en moyenne annuelle, elle atteindra 105,8 millions de barils par jour, ce qui signifie 2,7 millions de barils par jour de plus qu’en 2024, dont 1,3 million de barils par jour provenant de l’OPEP+.

Pour 2026, elle prévoit une augmentation de 2,1 millions de barils par jour, atteignant 107,9 millions de barils par jour, dont un million de barils par jour proviendrait de productions supplémentaires de l’OPEP+.

Néanmoins, l’agence souligne qu’en octobre, la contribution du cartel pétrolier sera inférieure à l’objectif théorique établi, étant donné que le Koweït et le Kazakhstan continuent de placer sur le marché 1,1 million de barils par jour en dessous de leurs quotas et que d’autres, en particulier la Russie, rencontrent des problèmes de capacité.

Pour illustrer cela, l’agence indique qu’en septembre, l’augmentation de la production de l’OPEP+ sera de 1,5 million de barils par jour par rapport au premier trimestre, bien en dessous de l’objectif annoncé de 2,5 millions de barils par jour.

L’AIE précise que, bien que les exportations de la Russie et de l’Iran aient diminué ces derniers mois en raison des sanctions qui leur ont été appliquées, cela a eu « un impact relativement modeste » sur les flux mondiaux.

Cela pourrait changer avec l’interdiction des importations de produits raffinés issus du pétrole russe, établie par l’Union européenne et qui devrait entrer en vigueur au début de 2026.

En ce qui concerne la demande, l’AIE estime maintenant qu’elle augmentera cette année de 740 000 barils par jour, ce qui représente une augmentation légèrement inférieure à celle anticipée il y a un mois (qui était de 685 000 barils par jour), en partie en raison de l’effet des bas prix du baril.